Monde

6 morts et 9 blessés

Fusillade de Dallas. Grande confusion au milieu du mouvement contre les crimes racistes de la police

Publié le 8 juillet 2016

Cette semaine, deux afro-américains ont été lâchement assassinés de sang-froid par des policiers blancs. Alton Shering, a été tué à Bâton Rouge, de plusieurs balles dans l’abdomen alors qu’il était plaqué au sol. Philando Castile a été tué à Minneapolis. Des marches avaient été organisées dans le pays pour dénoncer les crimes racistes de la police. À cette occasion, ladite police a été attaquée à l’arme à feu, cinq policiers ainsi qu’un civil sont morts et neuf blessés sont à déplorer.

George Waters

Alors que des centaines de personnes se mobilisaient dans le centre-ville de Dallas pour protester contre l’assassinat de deux afro-américains cette semaine, des coups de feu ont éclaté. Les manifestants en panique courraient pour s’abriter, ne sachant pas d’où venaient les tirs.

Selon les dernières informations, un suspect a été abattu alors qu’il aurait échangé des tirs avec la police et déclaré qu’il aurait mis des bombes un peu partout dans la ville. Deux autres suspects ont été arrêtés mais nous n’avons pas encore plus de détails. Les motivations de ces attaques ne sont pas connues non plus, ou, du moins, n’ont pas encore été communiquées.

L’état de violence est dû à la violence d’État

Cette fusillade doit être comprise dans un contexte social particulièrement tendu aux États-Unis, alors que la police, qui s’est déjà rendue coupable de très nombreux crimes racistes cette année, a tué deux afro-américains gratuitement. Aux origines de cette violence, la violence d’État, qu’Obama laisse perdurer et soutient, en n’engageant jamais la responsabilité de la police, une violence raciste qui a pris trop de vies.

Une violence qui n’est évidemment pas là pour rien : cette violence d’État soutient un système d’inégalités socio-économiques qui place les populations racisées en bas de l’échelle sociale aux USA, et la police des États-Unis n’est là que pour maintenir ces populations dans une peur, une oppression constante. N’oublions pas que le racisme a avant tout été créé et inventé pour justifier l’esclavage qui a rendu si riches certains. Le racisme d’aujourd’hui n’en est que le descendant, et soutien les mêmes objectifs.

Des inégalités structurelles qui servent les intérêts du patronat américain

Il est tout à fait justifié que les populations racisées réagissent face à ces discriminations qui ne sont pas le fait de quelques policiers isolés : 550 noirs ont été tués l’an dernier par la police, soit 21 fois plus que les blancs, et les noirs sont, proportionnellement, 4.5 fois plus nombreux que les blancs dans les prisons.

C’est bien une criminalisation de la pauvreté dont il s’agit aussi, processus au service de la lutte des classes : quand le revenu médian des blancs étaient de 57 000 $ en 2012, celui des noirs étaient de 33 300$, un écart qui n’a pas changé depuis 1965. Le chômage était d’ailleurs deux fois supérieur dans les populations noires (13,4%) que chez les blancs (6,7%) en 2013. Encore une fois, l’écart relatif n’a pas changé depuis cette même année 1965.

Il s’agit bien pour le patronat américain de maintenir dans une situation de plus grande précarité près de 15% de la population, précarité qui veut surtout dire source de profits pour les détenteurs des moyens de production.

Pour lutter ensemble contre le racisme, il faut s’attaquer à la racine du mal !

Face à cet état de fait, des mouvements comme Black Live Matters, qui cherchent à souligner toutes ces inégalités et lutter contre, sont évidemment des initiatives plus que positives, et malgré leurs limites, doivent continuer à perdurer et se structurer pour pouvoir lutter le plus efficacement possible contre un État capitaliste oppresseur.

En effet, quels qu’aient été les objectifs des auteurs de la fusillade de Dallas, cet événement est en train d’offrir une opportunité en or aux classes dominantes racistes des États-Unis pour inverser la situation et faire passer la police pour les victimes et la population noire comme les agresseurs. En ce sens, il s’agit d’un fait très contreproductif. Non seulement, il nourrit le nationalisme xénophobe des Donald Trump et ceux qui l’écoutent, mais il ne change pas le rapport de force avec celles et ceux qui contrôlent la police, c’est-à-dire la classe capitaliste. Qu’elle soit blanche ou noire, elle utilisera toujours la police pour contrôler les populations les plus exploitables.