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Fusion Bayer-Monsanto : hyper concentration de l’agro-business et mauvaise nouvelle pour notre santé

Publié le 14 septembre 2016

Après quatre mois de négociations entre Bayer et Monsanto, la multinationale allemande a acquis le géant des semences. L’acquisition s’élève à 66 milliards de dollars. Quel est l’état du marché mondial des semences et des produits agrochimiques après cette opération ?

Ramiro Thomas

Si, avant cette négociation, on constatait déjà la forte concentration du marché des semences transgéniques et des produits agrochimiques entre une poignée d’entreprises, désormais, la situation devient plus grave encore.

Les tendances aux fusions entre multinationales de l’agro-business ne sont certes pas nouvelles :
D’abord, Dox Agro Sciences et Du Pont qui, à elles deux, concentrent 15% de la production d’agrochimiques avec des profits respectivement de 49 et 25 milliards de dollars par an.
Ensuite, en février dernier, c’est le tour de Syngenta, entreprise spécialisée dans la production de produits agrochimiques, de fusionner avec l’entreprise paraétatique Chem China.

Avec la confirmation de la vente de Monsanto à Bayer, le panorama s’assombrit encore plus. A la suite de cette dernière fusion, le marché des produits transgéniques et agrochimiques se concentre désormais entre les mains de trois entreprises : ChemChina-Sygenta, Bayer-Monsanto et Dupont -Dow.

Au total elles détiennent 65,4% de la production agrochimique (25,8% pour ChemChina-Syngenta, 24,6% pour Bayer- Monsanto et 15 % pour Dupont-Dow) et 60,7% du marché des semences (30,1 % pour Bayer, 22,7% pour Dupont Dow et 7,9% pour ChemChina-Syngenta).

Certains analystes spéculent sur l’impact social et politique de cette fusion. En effet, Monsanto est l’une des multinationales les plus détestées au monde, synonyme d’expropriation de paysans, de pratiques nocives pour la nature, de production de nourriture de mauvaise qualité. Bayer pourrait être désormais associée à cette image. Par ailleurs, on spécule sur l’impact que cette fusion serait susceptible d’avoir sur la production agricole européenne. Alors que jusqu’à présent l’UE a essayé de limiter la production d’aliments OGM sur son sol, certains estiment que la pression de Bayer pourrait provoquer un tournant dans cette politique.

Issu de la Izquierda Diaro avec ajout d’information comité de rédaction de Révolution Permanente