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Notre classe

Le repreneur GMD entend licencier

GM&S. Le jugement est tombé mais la lutte n’est pas terminée

Après dix mois de combat, la décision du tribunal de commerce de Poitiers, de nombreuses fois reportée, est tombée. Sans surprise, il valide l'offre de GMD qui compte reprendre 120 des 277 salariés de l'usine GM et S, soit seulement 43% des effectifs.

Crédit photo : Pascal Lachenaud/AFP

Si, Bruno Le Maire affirme que « GMD est un industriel reconnu, qui s’implante durablement à La Souterraine », la réalité que recouvre la décision de justice intervenu ce jeudi 7 septembre, actant la reprise de l’usine par GMD pour un euro symbolique, est toute autre. Depuis des mois, les ouvriers de GM&S ont mené une lutte acharnée, faite de grève, d’occupation, de blocage et de rassemblement pour qu’au moins 240 emplois soient sauvés. Et pour cause : leur usine ne pourra pas tourner à 120 personnes. GM&S est une « usine intégrée », qui dispose d’un bureau d’études, d’une section conception et méthodes, d’un service des achats, etc. Le plan de GMD viserai donc à transformé l’entreprise « usine de frappe », soit « un simple atelier d’emboutissage » et la différence est de taille : Pour Yann Augras, délégué CGT, « les constructeurs pourront décider de la fermeture une fois écoulé le délai de survie de cinq ans de leurs engagements actuels ».

De plus, même dans ce cas, la décision de reprendre si peu d’emplois est incompréhensible car que le chiffre d’affaire prévu (grâce aux commandes promises par les constructeurs automobiles) a nettement augmenté ces derniers mois, sans que ne suive l’offre d’emploi. En fait, il faut chercher l’explication ailleurs, comme l’expliquent les salariés : GMD a volontairement limité le nombre de CDI repris, dans l’idée de recourir ensuite largement à l’intérim. 

Par ailleurs, rien n’est réglé pour les 177 salariés appelés à être licenciés : depuis des mois, les ouvriers réclament des indemnités supérieures au minimum légal. Dans une région sinistrée comme la Creuse et avec une moyenne d’age élevée, il est évident que trouver un nouvel emploi est mission impossible. Mais ni les constructeurs, ni le dernier actionnaire, ni le repreneur, n’ont fait la moindre proposition.

Dès lors le combat n’est pas terminé : l’offre peut être améliorée, tant sur le plan du nombre d’emplois repris que sur celui des indemnités pour ceux qui partent. Malgré la répression les travailleurs restent unis et déterminés à se battre pour sauver leur usine, leur collègues et leur familles. Car ils le savent : ce qui leur arrive est un avant-gout du projet de Macron pour l’ensemble du monde du travail. C’est pourquoi ils appellent à participer à la manifestation du 12 septembre contre la casse du code du Travail. Leur combat ne s’arrête pas à la Souterraine : il incarne la lutte contre le monde pro-patronal et anti-ouvrier que veut nous imposer le nouveau gouvernement. 




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