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Coupables de meurtre

GM&S. Les constructeurs et l’Etat abandonnent les salariés à la mort sociale

Après près de six mois de but, les salariés de GM&S, dans la Creuse, savent que l’issue du conflit qui les oppose à PSA et Renault est proche. Cependant, l’issue est toujours aussi incertaine.

Crédit Photo : AFP

Les salariés sont plus qu’amer après cette énième journée de négociation au ministère des finances, à Bercy. Encore une fois, Bruno Le Maire et ses collaborateurs ont tout simplement ignoré les salariés. Ils sont pourtant 277 à travailler à la Souterraine, à tenter d’y faire vivre leur famille et d’y survivre dans une région les plus sinistrées de France en termes d’emploi. Pourtant, malgré six mois de lutte, de grève, d’occupation, durant lesquels les salariés ont tantôt bloqué PSA Poissy ou encore manifesté sur les Champs Elysées, l’Etat et les constructeurs ont tout simplement décidé de les laisser mourir sur le bord de la route.

A Bercy, les constructeurs et les potentiels repreneurs ont tout simplement boudé la discussion, et l’Etat n’a répondu à aucune des questions des salariés. Les GM&S demandaient en effet une période d’observation plus longue, jusqu’à fin septembre afin de pouvoir trouver un potentiel repreneur, et, dans la perspective d’accepter l’offre de reprise de GMD, qui signifiait la perte de 160 salariés, des réponses sur les indemnités supra-légales de licenciements. Cependant, l’Etat a tout simplement botté en touche en ne répondant pas.

Alors que la dernière audience du tribunal de Poitiers doit avoir lieu ce vendredi, les salariés craignent tout simplement une liquidation, ce qui signifierait 277 emplois supprimés. Pour tenter d’accroître la pression sur le ministère, les salariés ont donc brûlé les stocks de carton et de pneus de l’usine pour montrer leur détermination. Comme le dit un salarié, « les perspectives on n’en voit pas beaucoup et s’il n’y a aucune aide pour les salariés, les gens vont péter un câble et vont brûler l’usine ». Emmanuel Macron avait prévenu qu’il ne serait pas le Père Noël ; son action confirme aujourd’hui ses promesses : être dès le second mois de son mandat un des plus grands fossoyeurs d’emplois des dernières années.




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