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GM&S. Nouveau rassemblement contre les licenciements

A GM&S, en Creuse, la pression au licenciement dû au défaut de commande par Renault et PSA a poussé les ouvriers à reprendre de nouveau le contrôle de la production de leur usine. Refusant le jeu de dupes organisé par le président Macron et le président de la Région Nouvelle Aquitaine, Alain Rousset, nous relayons aujourd'hui de nouveau leur lutte à travers le tract de leur intersyndicale. Celui-ci témoigne de la radicalité ouvrière nécessaire pour peser dans la balance des négociations.

Alors que 277 salariés étaient menacés de perdre leur emploi du fait de la situation de l’entreprise en plein redressement judiciaire, ceux ci se sont décidés à piéger l’usine. Un acte d’une radicalité suffisante pour forcer l’Etat et les médias à s’intéresser au cas des GM&S et à en faire un dossier central d’entrée du nouveau gouvernement. Emmanuel Macron y aura vu une occasion de se présenter comme le dirigeant d’un Etat du “dialogue” en condamnant sans risque le sort de 137 ouvriers.

En effet, l’Etat n’a présenté aux travailleurs de GM&S qu’un simple plan de sauvegarde d’une partie des emplois par le rachat de ce sous traitant automobile. Une situation inacceptable où l’Etat devient le collaborateur malsain d’une entreprise de destructuration des emplois et de patronat-roi. Une situation qui finalement, permet l’achat au rabais d’une entreprise par une autre, scelle le sort de 137 ouvriers dans un bassin de chômage structurel et permet l’oubli de la responsabilité flagrante des actionnaires de GM&S et de PSA et Renault. Une situation face à laquelle syndicats et ouvriers se sont décidés à s’organiser afin de faire valoir leurs droits dans une optique radicale et démocratique. Ayant voté à 85% la continuation des actions radicales pour conserver leurs emplois, l’une d’elles aura lieu ce mercredi à 14h30 sous la forme d’une opération escargot. Un rassemblement aura lieu aussi à Paris à Bercy vendedi 16 juin.

Communiqué de presse des syndicats CGT et FO GM&S

Renault et PSA sont en train de nous étrangler, l’Etat est dans l’accompagnement 
 
Compte rendu de la réunion du lundi 12 juin avec la cellule de crise mise en place par l’Elysée. 
Lors de notre entrevue à Bellac, le Président de la République Emmanuel MACRON, appuyé par le Président de la Région Nouvelle Aquitaine Alain ROUSSET, nous a affirmé que la diversification était notre avenir. Donc acte, nous sommes là parfaitement d’accord ! 
Gros paradoxe ! L’Etat nous expose comme seule solution une reprise à 140 salarié-es par le Groupe GMD qui lui refuse la diversification. Pire ! Mr MARTINEAU, patron de GMD, ne souhaite pas d’augmentation du chiffre d’affaires proposé par Peugeot et Renault. L’emploi n’est pas une priorité dans ce dossier ? C’est absolument déconcertant et contre-productif. 
L’Etat va-t-il bâcler et/ou se débarrasser rapidement de ce dossier ? Le rôle de l’Etat se cantonne-t-il à l’accompagnement des chômeurs ? Le saccage de l’Industrie continue ! 
137 familles vont rester sur le carreau ! Et l’on nous demande de s’en satisfaire, qu’il n’y a pas d’autre option ? C’est un peu facile. 
Nous ne nous satisfaisons pas de ce que veut nous imposer l’Etat et les constructeurs automobile français. Nos demandes ne sont pas impossibles, il faut juste la volonté de s’en occuper et ce n’est pas ce qui transparait de cette cellule de crise. 
Voici les pistes de travail que nous avons présentées à l’Etat dans cette réunion : 
Qu’il continue opiniâtrement à négocier une augmentation du chiffre d’affaires par Renault et Peugeot. Ce qui améliorerait les offres de reprises, en attirant d’autres repreneurs, et à fortiori les emplois.
Qu’il prenne contact avec d’autres repreneurs potentiels du secteur ou non, leur présenter notre site avec les évolutions du chiffre d’affaires, qui lui n’a pas été intégré dans la data-room par l’administration judiciaire. (y a-t-il eu volonté d’écarter d’autres repreneurs ?).
Qu’il demande une prolongation de la période d’observation à septembre, financée par l’activité, les constructeurs et l’Etat. Afin qu’un futur repreneur ne se retrouve pas pénalisé par une reprise en pleins congés d’été, avec les surcoûts importants que cela représenterait (pas d’activité des clients en fermeture, paiement des salarié-es en congés, organisation de la reprise d’activité du site en sous activité dûe à cette période, etc...). Et aussi laisser du temps à une reprise pérenne, au regard des récentes évolutions obtenues par Bruno LEMAIRE.
Qu’il obtienne une extra légale financée par les responsables de notre naufrage à hauteur du Chiffre d’affaires d’un salarié qui est de 155K€, pour chaque emploi perdu. Avec une moyenne d’âge dans l’entreprise de 50 ans, la probabilité de retrouver un emploi est quasi nulle. Ce ne serait que justice au regard du préjudice subi et programmé depuis plusieurs années.
Face à la volonté évidente de l’Etat de bâcler notre dossier soit disant prioritaire pour passer rapidement au suivant en recherchant la facilité ce serait destructeur pour 137 familles. 
Face à la volonté de l’Etat de préférer l’accompagnement vers Pôle Emploi plutôt que la recherche de solutions pérennes pour le site et l’emploi. 
Nous voulons que nos demandes soient entendues ! Vous avez été élus, les missions et prérogatives de l’Etat sont la sauvegarde de l’emploi, de l’Industrie et des territoires. 
Nous avons organisé pour les salarié-es un vote à bulletin secret. La question qui leur a été posée est formulée ainsi : « Etes vous d’accord pour poursuivre les actions dans le but de faire évoluer les offres et pousser les constructeurs à remettre le chiffre d’affaires nécessaire à une reprise pérenne bien supérieure à 140 ». Ils ont répondu OUI à 85,6%. 
Les salarié-es ont décidé de re-bloquer dans un premier temps le site GM&S de La Souterraine dès aujourd’hui, dans l’attente des réponses aux demandes formulées à la cellule de crise. Pas question d’accepter les décisions dévastatrices qui se profilent. 

Est-ce plus facile de s’occuper de licencier que de demander de la charge à PSA et Renault pour garder les emplois ? 




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