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Notre classe

Contre les licenciements

GM&S : Philippe Poutou et 2500 soutiens à la Souterraine

A l’appel de la CGT, un rassemblement national était appelé pour soutenir la lutte des travailleurs de GM&S, usine sous-traitante des constructeurs automobiles, à la Souterraine dans la Creuse. 2500 syndicalistes, militants politiques dont Philippe Poutou et soutiens de la ville ont répondu à l’appel.

Une usine occupée et piégée. Des salariés en lutte contre les licenciements

Le dossier est relativement simple : près de 300 salariés de GM&S, une entreprise sous traitante dans l’automobile, risquent de perdre leurs emplois et de se retrouver au chômage. En effet, les donneurs d’ordres, c’est à dire PSA et Renault, ont décidé de ne pas commander de nouvelle production dans l’usine, laissant tout simplement celle-ci sans production. Un projet de reprise ne propose de garder qu’une centaine de salariés, c’est à dire condamner l’usine à une mort lente et laisser 150 travailleurs et leurs familles sur le côté. C’est justement ce que les salariés dénoncent. Ils s’opposent à la volonté des constructeurs et de l’Etat actionnaire de PSA de vouloir faire mourir le site pour des intérêts purement financier. Face à cela, ils ont décidé de se mettre en grève et de piéger l’usine. C’est donc dans une usine occupée et sous le contrôle des travailleurs que se sont rassemblés près de 2500 personnes venues de toute la France.

La solidarité comme arme de défense

Ils étaient venus de toute la France : du Nord, de la Normandie, d’Alsace, de Bordeaux, de Marseille pour soutenir ce qui est devenue une lutte exemplaire contre les licenciements. Beaucoup de travailleurs de la métallurgie se sont déplacés : de Ford Blanquefort, des Fonderies du Poitou, de PSA Poissy, de Renault Flins, de PSA Sept Fons, mais aussi des salariés d’autres secteurs comme le CHU de Limoges, les cheminots de la ville, eux aussi en lutte contre les licenciements, ou encore les travailleurs de la propreté de Paris. Une délégation d’une vingtaine d’étudiants de la région parisienne est venue manifester sa solidarité. Comme le dit M., étudiante à Paris 8 : « durant la loi travail, on a vu le rôle que jouaient les grèves ouvrières comme celle des dockers, des cheminots ou des raffineurs dans la lutte contre la loi El Khomri. C’est en tissant des liens entre les travailleurs et la jeunesse qu’on pourra se préparer au mieux à la loi-travail puissance 10 que promet Macron  ». L’heure était à l’union donc, avec beaucoup de détermination et des échanges fraternels entre des militants qui ont parfois eux mêmes lutté contre les mêmes patrons véreux.

Un rassemblement puis une manifestation dans une ville qui soutient son usine

Après un rassemblement et des prises de paroles devant l’usine, les salariés sont partis en tête d’un cortège qui a été applaudi par les habitants de la ville, et qui s’est rendu jusque devant la mairie. Des personnalités politiques, comme Jean Luc Mélenchon, Eric Coquerel, Jean-Pierre Mercier et Philippe Poutou, lui aussi travailleur dans la métallurgie et en lutte contre les licenciements dans son usine de Ford, sont venus adresser leur soutien aux ouvriers en lutte. Les manifestants ont adressé un message clair au nouveau gouvernement : « Aucune usine ne doit fermer, interdisons les licenciements », un message qui prend tout son sens après la fin du conflit chez Whirlpool qui a vu le plan de licenciements entériné.




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