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Notre classe

Question de vie ou de mort

GM&S : après l’audience du tribunal, semaine décisive pour les ouvriers

Ce vendredi 23 juin les salariés de GM&S, dans la Creuse, devaient rencontrer les juges au tribunal de Poitiers. Ces derniers devaient statuer sur l'avenir de leurs emplois. Si la décision sera rendue publique dans une semaine, les prochains jours s'annoncent décisifs pour l'avenir des salariés.

Face à des salariés qui se battent pour leurs emplois, la justice ne cède rien

Les salariés sont clairs : leur objectif reste et restera de maintenir l’emploi à la Souterraine, de continuer de faire vivre les 277 familles des salariés de l’usine. Cependant, les géants de l’automobile et le gouvernement ne semblent pas l’entendre de cette oreille : après une rencontre express hier à Bercy, au ministère de l’économie, des représentants des salariés ainsi que leur avocat sont allés à cette seconde audience du tribunal de Poitiers qui devait statuer sur l’avenir de l’entreprise. Les deux revendications des salariés étaient d’allonger la période d’observation de l’entreprise jusqu’à fin septembre pour permettre à des repreneurs de pouvoir envisager une reprise après la période estivale, durant laquelle les constructeurs ont une activité réduite. De plus, les salariés exigeaient une participation de PSA et de Renault au financement des salaires pendant cette période. En effet, ces entreprises, dont les dividendes se chiffrent en milliards d’euros chaque année, refusent jusqu’ici d’augmenter leurs commandes à GM&S, condamnant ainsi les salariés au chômage à court ou moyen terme.

Entre résignation et détermination, les salariés disent de rien vouloir lâcher

En repartant en car vers la Souterraine, un salarié criait dans rue « on n’a rien gagné, mais on n’a rien perdu ! » Une phrase qui résume en un sens la détermination des salariés, qui s’attendent de plus en plus à recevoir un avis de liquidation judiciaire de l’entreprise. Cependant, leur détermination n’est en rien amoindrie : « cette usine elle est à nous, on ne l’abandonnera à personne » prévient un autre salarié. Dans ce contexte, les représentants des salariés seront reçus encore une fois à Bercy mardi et la semaine qui vient sera déterminante. A l’heure actuelle, la seule offre de reprise, de l’entreprise GMD, ne propose la reprise que de 110 postes sur les 240 réclamés par les salariés. Une offre qui signifierait non seulement près de 170 suppressions d’emplois dans une région déjà largement sinistrée, mais qui rendrait aussi l’usine totalement marginale, incapable de proposer une activité pérenne. Les salariés le savent : 110 salariés, ce serait une « entreprise de frappe », « condamnée à mourir dans les prochaines années ». Pas question d’accepter un tel accord.

Face à la détermination des donneurs d’ordre, seule la solidarité interprofessionnelle pourra faire plier les constructeurs

Derrière les offres de reprise de l’usine, un seul chiffre obsède les potentiels repreneurs : la charge de commande de l’entreprise. En effet, pour l’instant, PSA et Renault ont concédé une augmentation des commandes qui irait jusqu’à 25 millions d’euros par an. Cependant, pour faire tourner les machines et employer les 240 salariés, il en faudrait 40 millions. Et pour les obtenir, la seule mobilisation des salariés de GM&S ne pourra pas suffire : face à des collègues en difficulté, ce n’est que la mobilisation des salariés des géants multinationaux que sont Peugeot-Citroën et Renault qui pourra faire pencher la balance en leur faveur. Sans grève de ces salariés, peu de chances pour que les salariés de GM&S réussissent à garder leurs emplois. C’est donc sur les épaules de ces salariés et de ces employés que reposent les espoirs des GM&S, mais aussi sur celles de la direction de la Fédération CGT de la Métallurgie, qui paraît être aujourd’hui la seule capable de lancer un tel mouvement de solidarité, en mesure de faire plier Carlos Ghosn (Renault) et Carlos Tavares (PSA), deux des patrons les plus outrageusement payés du CAC40.

Photo PASCAL LACHENAUD. AFP




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