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Société

Les frontières tuent

Gare du nord : un migrant électrocuté sur le toit d’un Eurostar

Un migrant, sur lequel il n’y a encore aucune information concernant son âge ou sa nationalité, est décédé ce matin, électrocuté sur le toit d’un Eurostar. Il tentait de rejoindre l’Angleterre. Un mort qui s’ajoute à la liste de tous ces migrants décédés au cours de leurs périples semés d’obstacles.

Mardi matin, Gare du nord à Paris, un homme a franchi la grille séparant les quais internationaux de la gare du Nord, où sont stationnés les Eurostar en provenance et à destination de Londres. Une fois monté sur le toit de l’un des trains, l’homme a été électrocuté. Il est mort de ses blessures. Il s’agissait d’un migrant dont on ne connaît ni l’âge, ni la nationalité, qui tentait en réalité, à n’importe quel prix, de rejoindre l’Angleterre, comme tant d’autres ces dernières années.

Depuis début 2017, 1 000 migrants sont morts en Méditerranée. Un peu partout en Europe, plus particulièrement à Calais en France, sur les routes, des dizaines de migrants sont décédés alors qu’ils tentaient de monter dans des camions pour rejoindre l’Angleterre. Certains sont morts à l’intérieur, oubliés, frigorifiés ou encore parce qu’ils sont tombés du camion au cours du trajet.

Et cela continue. Depuis décembre dernier, la « jungle de Calais » n’existe officiellement plus selon le gouvernement français. En mars 2017, il n’y a plus de lieu d’accueil à Calais pour les migrants. Il n’y a plus rien. Pourtant, ils sont encore des centaines à revenir ou à arriver. Et des Calaisiens continuent de retrouver de jeunes migrants, souvent des hommes, très jeunes, sur le bord de l’autoroute au petit matin.

Détruire le « camp » de Calais n’a rien résolu, il n’y a jamais eu dans ce projet l’idée d’offrir un réel, un début de meilleur accueil aux migrants, mais plutôt celle d’essayer de décourager les migrants de transiter vers l’Angleterre en faisant croire à la « disparition » de la « jungle ». Aujourd’hui, ceux qui ne trouvent pas de centre sont à la rue, sont renvoyés chez eux. La destruction de la « jungle » a ouvert grand les portes à une répression plus forte des forces de police qui sont sur-déployées dans la zone de Calais et harcèlent les migrants.

Mais la répression, les obstacles, ne viennent pas à bout du désir des migrants, de ces hommes et de ces femmes, de trouver un endroit pour les accueillir, un endroit où vivre, et pour cela ils sont prêts à tout parce que c’est leur seule option. Alors, ils tentent de monter dans des camions de transport ou sur le toit d’un Eurostar, au risque de mourir. Ce sont ces politiques de répression racistes, xénophobes, carcérales, perpétrées à l’encontre des migrants et des migrantes qui mènent à des traitements inhumains et à ce genre de situation mortelle.

Source Photo : AFP/PHILIPPE HUGUEN




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