Politique

Le procureur ne requiert que 500 euros d’amendes alors qu’il risquait la prison ferme.

Général Piquemal. La justice sait être clémente avec l’extrême droite

Publié le 13 mai 2016

Le procès du Général Christian Piquemal, ex numéro un de la Légion Etrangère, et qui comparaissait devant le tribunal de Boulogne-sur-Mer, a eu lieu hier, jeudi 12 mai. Poursuivi pour l’organisation et sa participation à la manifestation appelée par le mouvement d’extrême droite Pegida, en février dernier, le général risquait, pour ces deux délits, une peine pouvant aller de six mois de prison et 7.500 euros d’amende à un an de prison et 15.000 euros d’amende. Le procureur n’a finalement requis que 500 euros d’amende.

Fréderic Apoyo

C’est par « respect pour son glorieux passé » que Jean-Pierre Valensi, procureur de la République de Boulogne, a justifié son réquisitoire. Si le rendu ne sera connu que le 26 mai, Christian Piquemal peut avoir le sourire ! Présent à la manifestation du groupe islamophobe Pegida à Calais, en février dernier, le général de 75 ans était poursuivi pour avoir organisé ce rassemblement interdit par la préfecture.

Des faits nié par Christian Piquemal, désireux selon ses dires de participer « à un débat d’idées patriotes » et ne pas avoir entendu les sommations de la police appelant les manifestants à se disperser. Si les images examinées par le tribunal - fournis par Le Petit Journal et Taranis News - n’apportent pas de faits concrets prouvant la culpabilité du général, celle du site identitaire LDC News - non examinées- sont pourtant révélatrices. On y voit, entre autres, des gendarmes lui expliquant doctement que la manif est « interdite », « illégale » et que « là, vous êtes hors la loi » avant une sommation. De plus, l’attitude de Christian Piquemal ne laisse que peu de doute quant à son implication dans l’organisation de la manifestation, lorsqu’il explique à un groupe : « On va partir maintenant. [Sinon], on détruirait ce que l’on a fait. Il faut vraiment que les gens décrochent. Les derniers qui sont sur le terrain, ils décrochent. »

La sentence requise par le procureur de la République ressemble tout à coup à un tour de passe-passe, visant à protéger un « serviteur de l’Etat » et démontre le réel visage de la V° République à l’heure où les gazs lacrymogènes, coups de matraques et condamnation pleuvent sur les manifestants opposés à la Loi Travail. D’un côté, un militant d’extrême droite, en accointance avec l’Etat français, bénéficie de la clémence de l’appareil judiciaire. De l’autre, la jeunesse et les travailleurs mobilisés doivent faire face à la férocité des forces de répression et du gouvernement. Voila qui en dit long sur la nature du système en place ...