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Politique

Pour une rencontre nationale des secteurs combatifs et en lutte

Généraliser le meeting du Havre-Harfleur : la coordination, c’est urgent !

Etre en grève et défiler ensemble, c’est bien. Se retrouver pour poser la question d’un plan de bataille d’ensemble, c’est encore mieux. C’est ce qui a été fait, vendredi soir, au meeting du Havre-Harfleur. Une expérience de front unique, à généraliser, des secteurs déterminés à en découdre face à ce gouvernement aux contre-réformes XXL.

Dans les rues du Havre, quelques heures avant, il y avait eu le défilé des drapeaux de la CGT, de Solidaires et de la FSU, bien entendu, mais également de FO, de l’UNSA, de la CFDT, comme cela s’est vu ailleurs en France. A la tribune, le soir, les organisations syndicales havraises, conduites par le secrétaire de l’UL cégétistes, Reynald Kubecki, se sont retrouvées aux côtés de La France Insoumise, du NPA, du PCF, mais aussi de membres du collectif Vérité pour Adama.

Nous subissons tou-te-s de plein fouet les contre-réformes et les mauvais coups du gouvernement, actuels et à venir. De la Loi Travail XXL aux licenciements des contrats aidés, en passant par la casse voulue de la fonction publique. Nous subissons aussi les violences de la police, qui s’acharne, particulièrement et spécifiquement, contre les quartiers. C’est donc une évidence autant qu’une nécessité d’être côte-à-côte, et ce d’autant que les puissants nous veulent divisés.

En s’appuyant sur l’expérience du meeting normand, on pourrait imaginer assez facilement que ce qui a pu se réaliser au Havre pourrait être généralisé au niveau hexagonal. Si Macron a peur que nos colères coagulent, à nous également de les faire converger, pour frapper ensemble.

Avec les camarades de la CGT, de Solidaires, de la FSU, mais aussi de FO et d’autres syndicats, qui veulent rester mobilisés, avec les militants politiques de LFI, du PCF, du NPA, mais aussi de LO et du reste de l’extrême-gauche, qui sont résolument en première ligne des manifs et des AG, avec la jeunesse et avec les quartiers qui s’organisent, il serait possible de mettre sur pied une grande Rencontre Nationale des secteurs combatifs et en lutte pour exiger aux directions nationales un véritable plan de bataille, radicalement distinct des journées d’action en saute-mouton ou des marches du week-end.

C’est en nous voyant liés, les uns aux autres, coordonnés, entre différents secteurs, avec un programme de revendications articulées, qui n’a aucune raison de s’arrêter sur telle ou telle attaque mais devraient être corrélées les unes aux autres, que ce gouvernement pourrait réellement avoir peur. C’est ce qui a eu lieu, dans ce pays, lors de tous les grands rendez-vous sociaux, en 1936, en 1968, mais aussi dans une moindre mesure, plus proche de nous, en 1995 ou en 2006, contre Juppé et sa réforme de la Sécu, puis contre Villepin et son CPE.

Si ce qu’il manque, c’est de la volonté politique, alors des délégué-e-s, élu-e-s partout où il y a une volonté et une détermination à se battre, pourraient se rejoindre pour faire, à échelle hexagonale, ce qui s’est organisé au Havre, le soir de la dernière journée d’action nationale. Des coordinations, il y en a eu, en 2006 comme en 2010. En se structurant et en se consolidant, elles seraient la voix de ceux qui veulent réellement être ensemble, dans le respect de nos différences, mais sans faux-semblants, dans une volonté claire de frapper ensemble.

Toutes les UL et les UD, les fédés combatives, la gauche radicale et l’extrême gauche, les mouvements des quartiers et les mouvements de jeunesse, pourraient y participer. Ce serait un levier central pour montrer ce dont nous sommes capables, et ce que nous voulons : faire des mobilisations actuelles des points d’ancrage, des dates à venir des moments de construction de l’opposition, mais dans la continuité, sans calendrier haché et segmenté, et avec les armes qui sont les nôtres : la grève, les piquets, les manifestations.

En face, nos ennemis sont soudés. En face, ils commencent la rentrée par l’Université d’été du Medef, à laquelle va quasi tout le gouvernement, pour enchaîner sur des ordonnances, défendues comme un seul homme, chez En Marche, à droite et certains socialistes (transfuges de la macronerie ou pas). En face, contre les piquets des routiers, on envoie des détachements bien compacts de CRS et de gendarmes.

Pourquoi devrions-nous être les seuls à éparpiller nos dates de mobilisations, nos méthodes de combat, nos échéances, alors que nous pourrions riposter pour imposer, précisément, le tous ensemble, à ceux qui en parlent les jours de fête mais ne font rien de concret pour le construire ?

Au Havre-Harfleur, capitale de la grève en 2010 comme en 2016, le meeting de vendredi a montré que l’unité dans l’action était possible et plusieurs camarades, à la tribune, ont posé ces questions. Pour pouvoir commencer à les résoudre, il faudrait les poser dans une Rencontre nationale des secteurs combatifs et en lutte, de l’ensemble des forces qui se disent opposées à la Loi Travail XXL, à la macronerie, à son état d’urgence permanent et aux violences policières.

Jupiter a subi son premier revers « électoral », ce dimanche, avec les sénatoriales. Il n’est écrit nulle part que la rue et les grèves ne peuvent pas lui en infliger un second. Pour cela, il faut que l’on s’en donne les moyens.




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