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Politique

Une centaine d’enfants menacés d’expulsion

Gennevilliers : le maire PCF bloque l’autoroute pour exiger l’expulsion d’un camp de Rroms

Nouveau blocage sur l'A15 pour Patrice Leclerc, maire PCF de Gennevilliers, afin de faire expulser le camp de rom installé sur sa commune. Furieux des délais d’expulsion d’un bidonville aménagé par les Rroms, l'élu PCF a bloqué la circulation ce mardi matin comme il l'avait déjà fait en avril dernier.

On se souvient de la destruction d’un foyer de travailleurs immigrés à Vitry-sur-Seine en 1980 par Paul Mercieca, maire PCF de la commune, soutenu par Georges Marchais à l’époque. Autre temps, mais pas autres mœurs. Mardi dernier, le maire PCF de Gennevilliers, a usé de procédés tout aussi détestables pour accélérer l’expulsion d’un camp de rom qui se situe depuis plusieurs mois sur sa commune. En effet, le maire, Patrice Leclerc, aidé de six véhicule municipaux a procédé à une opération escargot vers 7h30 sur l’axe très fréquenté de l’A15. Ce qui a fini par bloquer complètement la N315 proche de laquelle les Rroms vivent.

Fier d’avoir créé un embouteillage « avec des répercussions conséquentes », le maire PCF entend profiter de cet événement pour exiger l’accélération de la procédure d’évacuation du camp de rom alors même que le tribunal de grande instance de Nanterre a décidé en mai dernier d’expulser sous quatre mois, « si besoin avec le concours de la force publique », les personnes venues de Roumanie. Emporté dans sa rhétorique xénophobe, le maire PCF a menacé : « Si ça ne bouge pas, je reprendrai des actions ».

Manifestement, le maire PCF de Gennevilliers va vite en besogne. Alors que les quelques deux cents personnes, dont la moitié d’enfants non scolarisés, vivent sans eau potable et sont pris en charge par Médecins sans frontière et la préfecture pour être soignées et relogées, Patrice Leclerc veut accélérer les démarches. Même si la mairie affirme que cette action coup de poing à propos du camp de rom ne se fait pas « contre ses occupants », on peut s’interroger sur les motivations profondes des élus PCF. On ne les voit pas aussi mobilisés à propos des cas de répression ou de licenciement massif.

Une fois de plus, la langue de bois qui argue de vouloir protéger les familles et enfants vivant en bordure du périphérique contre les « dangers mortels relatifs à la sécurité routière », sonne creux. Même si, toujours selon la mairie de Gennevilliers, « ces familles méritent d’accéder à un logement digne au lieu de passer d’un camp à un autre », de telles actions ne font justement que précipiter l’intervention des forces de répression pour déloger les Rroms et les déplacer de camp en camp sans apporter de solution au problème de la précarité et des conditions de vie des Rroms.




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