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Politique

Acte 3 : le durcissement du mouvement

Gilets Jaunes. La colère jaune monte d’un cran dans toute la France

Face aux interdictions de manifester, aux restrictions et à la répression policière, on assiste à un durcissement du mouvement des Gilets Jaunes. Un débordement de « casseurs » ? Plutôt une colère que le gouvernement ne veut pas entendre ni voir s'exprimer.

Sur Paris, 5 000 policiers et gendarmes ont été déployés pour cet Acte 3 de la mobilisation des Gilets Jaunes. 66 000 sur toute la France, selon les chiffres donnés par Christophe Castaner ce soir sur BFM-TV. « Un dispositif policier jamais vu depuis 1968 » ont décrit les commentateurs. Et pourtant, sur Paris, comme dans toute la France, les forces de l’ordre ont été largement débordées par des manifestants venus en masse, prêts à en découdre pour faire entendre leur ras-le-bol contre la politique du « président des riches ».

L’acte 3 des Gilets Jaunes marque un réel durcissement du mouvement. Les « gentils Gilets Jaunes » que le gouvernement croyait pouvoir faire manger dans sa main, ont depuis déjà connus les gaz, ont vu les mutilés par la répression policière, arrêtés et mis en garde-à-vue. Ils ont appris, d’une certaine manière, de leurs expériences.

Beaucoup de mère et de père de famille ont pris avec leurs désormais traditionnels gilets jaunes, des lunettes et des masques de protection comme cela s’est vu parmi les manifestants venus sur Paris. Sur Paris donc, alors que le gouvernement avait assuré qu’un dispositif de filtrage serait mis en place, en réalité, les gilets jaunes n’ont pas pu accédé sur les Champs Élysées. Les manifestants se sont donc rassemblés place de l’Etoile et sur les avenues bordant les Champs, avec des affrontements prévisibles, face à l’impossibilité de rejoindre les points de rassemblement.

Certes, c’est Paris et ses images impressionnantes qui a fait la une des médias. Mais en réalité, c’est dans toute la France que la mobilisation prend une nouvelle ampleur. Des points de rassemblements ont été nombreux et non déclarés, avec des actions coups de poing particulièrement impressionnants : au Puy-en-Velay où la préfecture de police a été envahie, tout comme l’aéroport de Nantes et de Nice. Les barricades ont fleuri dans les principales agglomérations françaises, plusieurs incendies de voitures ont été décomptés comme des pillages de magasins... Le phénomène est massif. Si tous ne partagent pas les méthodes, beaucoup de gilets jaunes sont solidaires : le mouvement continue de rencontrer 80% de soutien dans la population n’en déplaise au gouvernement et aux médias dont les chiffres de décompte – seulement de 15 000 personnes selon le ministère de l’Intérieur - sont toujours contestés.

Si le gouvernement cherche à diviser les « bons manifestants », des « casseurs ». La technique ne fait plus vraiment d’effet. Les gilets jaunes se sentent solidaires entre eux, ils s’entraident quitte à passer à des modes d’actions plus offensifs. « il y a que comme ça que ça marche. C’est Macron la violence », commente un manifestant dans un reportage sur TF1.




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