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Politique

Justice de classe

Gilets Jaunes : un an de prison ferme pour avoir jeté des billes

A Nancy deux personnes ont été condamnées à un an de prison ferme pour avoir jeté des projectiles sur les forces de l'ordre. Lourde sentence en comparution immédiate pour ces deux hommes qui sont accusés d’avoir… jeté des billes.

Crédit photo : Alexandre Marchi/L’Est Républicain/MAXPPP Interpellation le 8 décembre

C’est vers 17 heures que la tension a commencé à monter entre les Gilets Jaunes et les forces de police à Nancy pour l’acte VI de la mobilisation.

Face aux gaz lacrymogènes et à tout l’arsenal répressif déployé par les forces de l’ordre, deux manifestants sont accusés d’avoir répondu en jetant des billes et des boulons.

Ces deux manifestants de 21 et 27 ans ont été interpellés samedi 22 décembre par les forces de répression et placés en garde à vue. Ils ont accepté la comparution immédiate (où les peines sont souvent plus lourdes) et ont été jugés ce lundi 24 décembre pour « participation à une manifestation en étant porteur d’arme » et pour « violence volontaire sur personne dépositaire de l’autorité publique » déclare le procureur adjoint, Pierre Kahn.

Pour préciser les faits, selon le quotidien local L’est républicain, l’homme âgé de 21 ans aurait été vu « en train de jeter des billes d’acier sur la police à l’aide d’un lance-pierre » alors que le second aurait été « vu par un policier en train de jeter de gros boulons d’acier sur les forces de l’ordre ».

La sentence a été extrêmement lourde pour ces deux jeunes personnes, écopant chacune d’un an de prison ferme. Ce jugement est un exemple assez parlant de la répression qui s’abat sur les manifestants en cette période de tension politique.

En effet, comme nous pouvons le voir avec l’énorme nombre d’interpellations et de mise en garde à vue de manifestants, avant et pendant les manifestations des gilets jaunes, une vraie répression judiciaire s’abat contre les manifestants.

Au-delà de la répression policière, défigurant, mutilant, blessant de nombreux manifestants, une large répression judiciaire se met en place pour tenter de briser le mouvement des Gilets Jaunes.

Désireux de faire peur et de décourager les manifestants, les interpellations et les jugements sont de plus en sévères. La prison ferme tombe beaucoup rapidement et pour des accusations souvent infondées ou minimes.

En ce sens, les manifestants subissent une double répression de la part de l’État alors que les violences exercées par les forces de répression sont toujours plus impunies. Des yeux et des mains perdues, une arme de poing braquée sur les manifestants, des agressions sur des personnes en situation de handicap contre… des jets de billes. Un deux poids deux mesures évident, qui prouve une fois de plus que la justice est une justice de classe, au service du gouvernement et des classes dominantes.




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