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Politique

Blocage de l’économie

Gilets jaunes. Bruno Le Maire pointe un « impact sévère et continu » sur l’économie

Ce lundi, Bruno Le Maire égrainait lors d’un point presse les conséquences économiques du mouvement entamé il y a deux semaines, qui touche particulièrement les commerces, le tourisme ou encore le transport.

Photo : O Phil des Contrastes.

« Je vous disais la semaine dernière que l’impact sur l’économie française serait sévère, je vous dis aujourd’hui que l’impact est sévère et continu » a affirmé Bruno Le Maire ce matin lors d’un point presse dédié aux conséquences économiques des gilets jaunes. Une semaine après une première réunion de crise à Bercy qui avait réuni une quinzaine de fédérations professionnelles, inquiètes des effets de la mobilisation sur leurs activités, le ministre de l’Economie semble préoccupé de l’impact des blocages sur l’économie, et en particulier sur certains secteurs.

Avec une baisse de 15 à 25% dans la grande distribution et de 20 à 40% dans le commerce de détail, le secteur du commerce est particulièrement touché par le mouvement. Concernant les hyper et les supermarchés, le magazine LSA parlait ainsi la semaine dernière d’un manque à gagner de 315 millions d’euros pour les seuls week-ends du 17 et du 24 novembre. En cause, des blocages qui affectent à la fois l’approvisionnement des magasins et leur fréquentation. Des pertes qui inquiètent fortement les patrons du commerce pour lesquels le mois de décembre constitue une période particulièrement centrale.

Le tourisme est également impacté, avec des baisses de réservation dans les hôtels, soulignées notamment par le président du Groupement national des chaînes hôtelières, Jean-Virgile Crance, qui parle d’une perte d’activité de 20 à 50% dans tout le pays, particulièrement forte à Paris. De son côté le Groupement National des Indépendants de l’Hôtellerie et de la Restauration faisait état la semaine dernière de pertes de 40 à 50% sur le week-end.

Sans surprise, les entreprises de transport sont particulièrement affectées par le mouvement et les blocages des axes routiers. Dans un communiqué, la Fédération Nationale des Transports Routiers affirme ainsi ce lundi se trouver dans un « en état d’urgence économique et sociale », évaluant à près de 400 millions d’euros les pertes d’exploitation depuis le début du mouvement.

Enfin, le secteur du carburant accuse également le coup, en lien avec les nombreux blocages de raffineries et dépôts de carburants, notamment en Bretagne. Des blocages qui sont menés par les Gilets Jaunes, mais également par le petit patronat du BTP contre la suppression de l’exonération fiscale sur le gazole non routier (GNR). Ce lundi, on recensait ainsi 159 stations en rupture totale et 246 en rupture partielles. Particulièrement touché, la préfecture du Finistère a d’ores et déjà annoncé la mise en place de mesures de restrictions sur les achats de carburant pour faire face à la pénurie.

Deux semaines après le début du mouvement, les gilets jaunes semblent ainsi avoir réussi leur pari de bloquer en partie l’économie. Pourtant les blocages ne sont pas sans poser de problèmes : épuisement des militants, conciliation avec les horaires de travail, difficultés à tenir les blocages. Dès lors, pour que le mouvement aille encore plus loin et inflige une défaite décisive à Macron et sa politique pro-patronale, il faudrait que le mouvement ouvrier rentre en scène en paralysant la production à travers la grève massive et généralisée.




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