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Politique

Et la répression continue !

Gilets jaunes : canon à eau et lacrymos déployés. Déjà 9 interpellations à Paris !

Après avoir déjà envoyé l'armée à la Réunion pour réprimer les gilets jaunes, le gouvernement montre donc comment il compte « entendre » la colère exprimée par les gilets jaunes.

Crédits photo : lien tweeter.

Un dispositif quasi-militaire mobilisé par le Ministre de l’Intérieur : 3 000 policiers à Paris et dans les communes limitrophes. Un canon à eau a été déployé et les CRS utilisent des lacrymogènes sur les Champs-Elysées contre les manifestants. Déjà 9 interpellations et la répression continue.

Castaner avait annoncé la couleur à coups de surenchère sécuritaire pour intimider les manifestants : risque d’attentats, risques de débordement etc. Mais en réalité, cette propagande d’intimidation n’a pas fonctionné.

Propagande des média et du gouvernement pour délégitimer le mouvement

Dans un premier temps, la couverture médiatique des gilets jaunes avait été plutôt positive, la presse bourgeoise pouvant aller jusqu’à soutenir dans une certaine mesure les « jacqueries » des gilets jaunes. Le gouvernement lui-même a essayé de faire amende honorable, prétendant « écouter la colère » de la population.

Désormais, le gouvernement et les média montrent leur vrai visage : ensemble pour réprimer et salir les gilets jaunes.

Face à ce constat d’échec, et un mouvement qui continue de gagner en popularité dans l’opinion et gagner en force, le gouvernement et les média à sa botte ont changé de stratégie. Le gouvernement essaie à tout prix d’une part de minimiser le mouvement, et d’autre part de le décrédibiliser en le qualifiant de récupération par l’extreme-droite

En effet, selon Caster, on ne compterait que 8.000 manifestants à Paris. Sans disposer des chiffres alternatifs, il est toutefois fortement probable que le chiffre soit largement en dessous de la réalité. Plus encore, le gouvernement essaie de faire croire que le mouvement « s’essouffle » depuis le 17. D’autre part Castaner et le gouvernement cherchent à tout prix à salir le mouvement des gilets jaunes en affirmant que les manifestants ont « répondu à l’appel de l’extreme-droite. » Encore un mensonge du gouvernement.

En réalité, un mouvement soutenu par 80% des français et principalement par la gauche

En réalité, c’est tout le contraire. Aujourd’hui, selon un sondage Odoxa publié par le Figaro, 8 Français sur 10 trouvent légitime l’appel à bloquer Paris ce samedi !

Loin de s’essouffler, une frange de plus en plus large de la population soutient les gilets jaunes au moment où le gouvernement n’a, lui, jamais été plus impopulaire !

Comme l’écrit un article paru dans... Le Figaro – journal de droite pourtant loin d’être acquis aux gilets jaunes - : « Preuve de l’échec de la récente stratégie de diabolisation du mouvement adoptée par le gouvernement, 62 % des sondés refusent de qualifier les « gilets jaunes » de « violents ». Une grande majorité préférant les caractériser comme « populaires » (81 %), « courageux » (77 %), engagés dans « une lutte pour l’intérêt général » (78 %) »

Plus encore, selon le même sondage : "83 % des sympathisants du parti de Marine Le Pen soutiennent la poursuite du mouvement, contre 92 % de ceux de La France insoumise.

Les « bons » gilets jaunes contre les « méchants » casseurs ? Et la violence du président des riches dans tout ça ?

Pour nuire au mouvement, désormais la rhétorique des « bons manifestants » contre les « méchants casseurs » va tourner en boucle dans les média ; avec l’extreme-droite aux aguets pour séparer les gentils gilets jaunes des méchants casseurs et tenter de tuer le mouvement pour mieux le récupérer.

En réalité, les média à la botte du gouvernement montent en boucle quelques pauvres images, juste de quoi nourrir le coté spectaculaire et donner du grain à moudre à la propagande du gouvernement en grande difficulté.

Car les média ne se demandent pas : d’où vient cette « violence » populaire ? Et de quoi parle-t-on lorsque l’on parle de « violence » ?

L’état de pauvreté sociale et économique dans lequel sont plongés les manifestants des gilets jaunes n’est-il pas un état de violence permanent exercé par le gouvernement avec ses lois anti-sociales ?

Combien de gens n’ayant jamais manifesté sont poussés par le désespoir à prendre la rue, prendre des pavés et monter des barricades sur les Champs-Elysées ? barricades qui, contrairement à ce que prétend Castaner, ne sont pas montées par des militants de l’extrême-droite, mais bien pas des gens n’ayant parfois jamais manifesté de leur vie.

Cela montre à quel point la colère est immense.

Car nombre de témoignages de gilets jaunes font état d’une situation de détresse financière et morale invivable : avec des fins de mois impossibles à boucler ; l’absence de services publics, d’hôpitaux, de soins ; et une précarité imposée à marche forcée.

Quand la violence d’en haut devient insoutenable, alors ceux d’en bas montrent qu’il n’en veulent ni n’en peuvent plus.

En réponse, le président des riches Macron n’affiche que mépris pour la population ; et, par conséquent, face à une vie qui continue chaque jour de devenir de plus en plus insoutenable, la colère explose.

Masquer la violence sociale et économique derrière cette « violence » là qui s’exprime dans les manifestations des gilets jaunes – en montant par ailleurs ces images en boucle - est une façon de décrédibiliser le mouvement pour sauver le gouvernement. Les média étaient moins réactifs lorsqu’il s’agissait de rapporter la répression violente instaurée contre les gilets jaunes, pour dénoncer l’appareil de répression militaire déployée contre les manifestants, ou encore l’intervention de l’armée à la Réunion !

La réponse de l’état à ceux qui se révoltent, opprimés par sa politique sociale injuste, consiste donc de mettre en place un véritable état d’exception pour réprimer et faire taire la colère par la force. Comme l’a écrit le philosophe Walter Benjamin : « La tradition des opprimés nous enseigne que l’“état d’exception” dans lequel nous vivons est la règle. » Le gouvernement le montre une nouvelle fois.




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