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Politique

On est pas des vaches à lait !

Gilets jaunes : marre du racket, plus de la moitié des radars en France ont été détruits

Symbole du racket fiscal quotidien, les radars sur les bords des routes ont fait l'objet de nombreuses « mises hors service » depuis le début du mouvement des gilets jaunes, signe que le racket quotidien est devenu insupportable.

Crédits photo : France 3 Normandie

De la Normandie au Vaucluse, la vague d’opérations contre les radars automatiques postés le long des routes n’en finit pas. Même si l’État refuse de diffuser les chiffres officiels de la casse, « pour éviter un effet de surenchère », on parle d’au moins un radar sur deux hors-service voire des deux tiers.

Recouvert de peinture ou d’un gilet jaune, brûlés, sciés ou mis hors service à coup de marteau, les radars automatiques sont les cibles des gilets jaunes depuis plus d’un mois. Si le gouvernement assure que ce vaste mouvement anti-radars date d’avant la mobilisation des gilets jaunes, force est de constater que c’est depuis l’entrée en scène de ces derniers que le phénomène est devenu visible.

Les raisons de ces dégradations rejoignent en effet celles des gilets jaunes qui dénoncent le matraquage fiscal dont le gouvernement est responsable. Avec la multiplication des radars et le passage à 80 km/h sur les routes, le nombre d’infraction verbalisé a considérablement augmenté. Le sentiment général est que l’automobiliste, notamment celui qui est forcé d’utiliser son véhicule parce qu’il vit en périphérie, est une vache à lait qu’on peut ponctionner autant qu’on veut ou un mouton qu’on peut tondre en permanence.

En effet, sur les seuls radars automatiques, le gouvernement récolte en moyenne chaque année plus d’un milliard d’euros. Un chiffre en hausse d’année en année. En détruisant ainsi ces radars, les gilets jaunes touchent donc au porte-monnaie de l’État, exactement comme les mobilisations parisiennes touchent au commerce. Même si l’addition va s’avérer être salée à « plusieurs dizaines de millions d’euros » comme le souligne Emmanuel Barbe, délégué interministériel à la sécurité routière, l’ampleur du mouvement révèle que l’État n’est pas en mesure de réparer ou de remplacer tous les appareils car il n’a que « la logistique pour en remplacer de temps en temps ».

Après la flambée de radars mis hors-service lors du réveillon du 24 décembre, c’est la date du nouvel an qui inquiète désormais l’État. Traditionnellement, les actions contre les véhicules y sont nombreuses. Elles pourraient cette année prendre d’autres formes et s’attaquer aux symboles du matraquage fiscal routier.




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