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Notre classe

Un tiers des effectifs licencié depuis 2016

GoPro : 270 licenciements qui s’ajoutent aux 300 de 2016

L'entreprise Go Pro est au plus mal : matériel trop cher, prises de décisions qui n'ont pas payé, concurrence de plus en plus féroce. Le chiffre d'affaire baisse et ce sont toujours les mêmes qui payent l'addition... John Strempe

En tout, c’est près de 600 salariés qui ont été licenciés depuis janvier 2016, sur les 1500 que comptait GoPro en 2015, soit plus du tiers. La cause ? Du matériel vendu beaucoup trop cher en regard de la concurrence féroce qui sévit sur un marché et dans lequel GoPro n’est désormais plus que le symbolique pionnier et non la référence. La faute également à des décisions hasardeuses de la direction, avec notamment l’échec commercial du drone lancé sur le marché avec six mois de retard, en septembre 2016.

La direction de l’entreprise a mis longtemps à comprendre que ses produits étaient vendus beaucoup trop chers alors que la concurrence propose du materiel similaire pour une différence de prix énorme. GoPro, pourtant, était en mesure de pratiquer des baisses de prix, comme cela a été le cas pour la GoPro Hero 4, commercialisée en juillet 2015 et vendue initialement 400$ avant de voir son prix ramené à 200$ en décembre de la même année. Nick Woodman, fondateur et patron de la marque, reconnaissait à ce titre que l’entreprise avait "fait une erreur en fixant son prix à 399$". Sans rire...

Résultat des couses, ce sont les salariés qui payent ces erreurs d’orientation. Toujours les mêmes autrement dit. Les salariés sont la variable d’ajustement que les patrons utilisent pour maximiser leurs profits en intensifiant l’exploitation de leur travail par la réduction des effectifs. On a d’autres idées pour ajuster : si on regarde du côté du salaire de son fondateur, il se trouve que celui-ci s’est reversé pas moins de 284 millions de dollars en 2014 ! Si on regarde cette fois du côté de son portefeuille, Nick Woodman possédait, en 2015, une fortune de 2,3 milliards de dollars, ce qui est égal au PIB du Bhoutan ou encore à 165 000 années de travail pour un smicard.

Des chiffres indécents et un exemple parfait de l’urgence de la répartition des richesses, avec des entreprises nationalisées et sous contrôle des travailleurs. La hausse du SMIC à 1700 euros net n’est pas une fantaisie quand on voit le montant colossal du salaire de ce patron qui ruine la vie d’un tiers des ouvriers de GoPro. Face à cette situation, il semble indispensable d’exiger l’ouverture des livres de comptes de l’entreprise, afin que l’ensemble des concernés puissent avoir accès aux informations qui, semble t-il, justifie de tels licenciements.




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