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Répression

Grèce. A Athènes, la police de Tsipras réprime brutalement les personnes manifestant contre la visite d’Obama

Publié le 16 novembre 2016

Obama s’est rendu à Athènes ce mardi, commençant ainsi sa dernière tournée en Europe en tant que président des État-Unis, et a félicité Tsípras pour ses réformes. La police a réprimé les manifestations.

Josefina L. Martínez

Obama a choisi la Grèce comme première étape de son dernier parcours européen, alors que la commotion mondiale provoquée par la victoire de Trump aux État-Unis se fait toujours sentir. Il ira ensuite visiter l’Allemagne, où est prévu un entretien avec Angela Merkel.

Le passage d’Obama à Athènes a déclenché des protestations de la gauche et des syndicats dans plusieurs villes, qui se sont terminées par une forte répression de la part de la police. « Obama go home », « nous n’avons pas besoin de protecteurs », ont été quelques-uns des slogans des manifestants contre le président nord-américain. « Obama n’est pas le bienvenu en Grèce. La Grèce ne participe pas aux projets impérialistes et aux guerres » était le mot d’ordre de l’appel à manifester.

Quand cette tournée a été programmée, tous à la Maison-Blanche pensaient à une victoire de Hillary Clinton, ce qui aurait fait du voyage d’Obama une tranquille tournée d’adieux internationales. Mais tout s’est compliqué, car la victoire de Trump a ouvert une énorme incertitude sur le contenu de ses prochaines mesures économiques et de ses décisions en politique extérieure.
Au cours de son passage en Grèce, Obama a affirmé que le gouvernement grec « avait démontré » qu’il pouvait faire des réformes et estimé que ses créanciers devraient chercher une « solution » qui permettrait l’allégement de la dette du pays.

« Je pense que la Grèce a beaucoup avancé et s’est engagée vers le changement ». « Les deux parties devraient trouver une solution », a soutenu Obama à l’occasion d’une conférence de presse aux côtés du Premier ministre grec, Alexis Tsípras. Obama assure être convaincu du fait que Tsípras et son gouvernement « ont la volonté » de rendre la Grèce « plus compétitive » et d’attirer les investissements.

Mais les travailleurs et le peuple grec ne sont pas de l’avis d’Obama. Dans différentes villes, des manifestations se sont organisées pour protester contre sa visite et contre les réformes appliquées par le gouvernement grec. Privatisation des trains, ventes à bas prix des aéroports et entreprises publiques, réduction des retraites et du budget alloué à la santé et à l’éducation : tel est le plan de la Troïka salué par Obama et appliqué par Syriza au cours des 18 derniers mois.

Tsípras et Obama, et la rencontre est symboliquement forte, sont deux figures qui, il y a quelques années, ont incarné « l’espoir d’un changement » pour des millions de personnes, mais qui dans une brève période se sont révélés être en réalité les prolongateurs des politiques néolibérales et les défenseurs du statu quo. L’échec de Syriza en Grèce, tout comme celui d’Obama aux États-Unis, expliquent en grande partie l’émergence de phénomènes aberrants comme Trump et comme celui de l’extrême droite en Europe.