Monde

Le vrai visage de Syriza

Grèce, Thessalonique : Tsipras attaque les squats et met à la rue les familles de réfugiés !

Publié le 28 juillet 2016

Le mercredi 27 juillet au matin, les forces de police grecques, conduite par le gouvernement Tsipras ont décidé d’évacuer trois squats autogérés de la deuxième plus grande ville du pays, accueillant notamment des familles et des enfants réfugiés. Alors que l’Union Européenne refoule à ses portes les migrants dans des camps aux conditions de vie indignes, habitants et militants de Thessalonique ont mis en place ces squats, signe de leurs solidarités à l’égard des migrants. La riposte face au gouvernement Syriza et à la trahison de ce pour quoi il a été élu n’a pas tardé avec l’occupation du siège de Syriza Thessalonique dans l’après-midi pour réclamer la libération des manifestants détenus par la police et la récupération des squats. Une fois de plus, le gouvernement Tsipras montre tout le désintérêt qu’il porte à la majorité du peuple grec et au sort des migrants. Nous relayons ici deux articles de Yannis Youlountas, parus le 27 juillet, et qui fait état de la situation à Thessalonique.

Yannis Youlountas · 27/07/2016

Source

Tsipras attaque les squats ! (Vidéo)

[ALERTE] En ce moment même, dans la deuxième ville de Grèce !

CE MATIN, LA POLICE DE TSIPRAS S’ATTAQUE AUX SQUATS SOLIDAIRES ET AUTOGÉRÉS DE THESSALONIQUE ! (VIDÉOS)

Une fois de plus, le roi du mensonge a encore frappé ! Alors que, dans les médias internationaux, Tsipras fait passer son nouveau projet d’élection au suffrage universel direct pour de la « démocratie directe » (la bonne blague) et diffuse un bilan complètement mensonger de la première année du troisième mémorandum (provoquant un tollé), le premier ministre grec vient maintenant de lâcher sa police sur les squats de la deuxième ville de Grèce.

Depuis le lever du jour, les squats HURRIYA, ORFANOTROFEIO et NIKIS sont en cours d’expulsion, avec des cars entiers de MAT (CRS).

HURRIYA était le nouveau squat créé avec et pour les réfugiés, durant le No Border Camp qui s’est tenu récemment dans la ville. Les enfants de réfugiés participaient à un formidable projet d’éducation anti-autoritaire et coopérative en partenariat avec l’espace social libre MIKROPOLIS.

ORFANOTROFEIO était un squat créé avec et pour les réfugiés, depuis décembre 2015, notamment beaucoup d’enfants (orfanotrofeio signifie « orphelinat » en grec).

NIKIS était un squat très réputé depuis longtemps, le long de la promenade, juste devant la mer, où nous avions tourné plusieurs entretiens pour « Ne vivons plus comme des esclaves » et « Je lutte donc je suis », notamment avecGrigoris Tsilimantos. Ces derniers mois, les camarades et compagnons de luttes vivant sur place hébergeaient des familles de réfugiés.

Ces trois squats étaient, avec les espaces sociaux libres MIKROPOLIS ET SCHOLEIO (voir dans « Ne vivons plus comme des esclaves » de 34:30 à 42:00), les têtes de pont de la solidarité avec les migrants et les réfugiés, notamment en organisant régulièrement des convois vers le camp d’Idomeni, à 80km au nord, pour protester contre les conséquences de l’accord Union Européenne-Turquie, pour acheminer de la nourriture (des milliers de sandwichs ont été ainsi fabriqués et distribués) et proposer des hébergements grâce à un immense réseau de soutien.

Même les enfants et les personnes très âgés sont actuellement interpellés et embarqués dans les bus des MAT (CRS).

AK Thessalonique (mouvement anti-autoritaire pour la démocratie directe) appelle à rejoindre les trois lieux pour protester et fera des points sur la situation dans les prochaines heures sur sa page :

Concernant Tsipras, qui joue actuellement sur la confusion « suffrage universel direct / démocratie directe », il faut savoir que ce réseau d’espaces sociaux libres et de squats préparaient justement le 7ème festival international pour la démocratie directe à l’université Aristote de Thessalonique, pour les 7-8-9 septembre( avec venus d’intervenants du Rojava, de France et du Canada, et projection de « Je lutte donc je suis », entre autres…). Le comble pour un homme politique qui se prévaut de la « démocratie directe » !

« Tsipras » : non plus un nom, mais une insulte désormais pour beaucoup en Grèce.

Riposte : le siège de Syriza Thessalonique occupé !

La riposte du mouvement social n’a pas tardé, suite aux attaques du gouvernement Tsipras contre les squats solidaires ce matin :

LE SIÈGE DE SYRIZA THESSALONIQUE OCCUPÉ !

Les nombreux occupants appellent à la libération immédiate des camarades persécutés, des lieux et du matériel bloqués par la police (alimentation, vêtements, matériel médical…). Pas question de lâcher ni de baisser les bras !

Rien n’est fini, tout commence !