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Société

Procès de Greenpeace

Greenpeace : deux mois de prison ferme pour deux militants anti-nucléaire

Greenpeace, pour alerter sur l'écologie est adepte d'action coup de poing. Pour dénoncer la gestion sécurité des centrales nucléaires et le danger que représente le recours à ce type d'énergie, les militants pénètrent dans les centrales et affichent des banderoles ou taguent les cheminées. Ici, le tribunal a condamné 8 militants à des peines allant de cinq mois de prison avec sursis à deux mois ferme pour s'être introduits dans la centrale nucléaire de Cattenom en octobre dernier et a condamné pour complicité un responsable de l’ONG.

C’est la première fois que des militants de Greenpeace sont condamnés à de la prison ferme. Leurs actions à la limite de la légalité ou même illégales leur vaut bien souvent des condamnations mais là c’est un pas qui a été franchi contre l’ONG qui lutte entre autre pour l’écologie, la défense des animaux et contre le nucléaire.
Les huit militants interpellés après s’être introduits sur le site de la centrale nucléaire étaient poursuivis pour « intrusion en réunion et avec dégradation dans l’enceinte d’une installation civile abritant des matières nucléaires ».

Le 10 octobre 2017, un rapport d’experts mandatés par Greenpeace, affirmait que les piscines de stockage de combustible usées étaient particulièrement vulnérables aux attaques extérieures.

Deux jours plus tard, les huit activistes condamnés ce mardi 27 février se sont infiltrés dans le site et ont tiré un feu d’artifice près du bâtiment abritant la piscine à combustible, fait que conteste la préfecture de la Moselle et EDF puisque selon eux, ils n’avaient pas réussi à accéder à la zone nucléaire.

La justice a donc condamné à de la prison ferme des activistes pour cette action pacifique. C’est la première fois qu’ils sont condamnés à de la prison ferme alors qu’ils ont été mainte fois inculpés, jugés et condamnés. Le Monde rappelle qu’ « en 2014, cinquante-cinq militants de l’organisation écologiste furent condamnés à deux mois de prison avec sursis pour s’être introduits dans la centrale de Fessenheim (Haut-Rhin). Neuf autres furent condamnés à des peines de six mois de prison avec sursis pour une action similaire en 2011 à Nogent-sur-Seine (Aube). » Il y a donc bel et bien une volonté certaine de la justice de défendre les intérêts d’EDF et Areva. Les actions de Greenpeace sont pacifiques et comme l’explique au Monde, Maxime, militant anti-nucléaire, venu soutenir avec 140 autres personnes ses camarades devant l’hôtel de ville de Thionville : « on est des lanceurs d’alerte avant tout »,« ce qu’on a fait n’est pas si grave en comparaison avec les risques que prend l’exploitant en laissant les piscines non protégées des actes de malveillance ».

Jean-François Julliard, directeur général de Greenpeace et qui a été condamné à une amende de 20 000 euros a déclaré : « on assume cette action, on sait qu’elle était illégale (…), mais il y avait une raison très précise qui était de dénoncer les failles de sécurité ». Des lanceurs d’alerte qui ont le malheur de s’attaquer aux multinationales et à l’Etat. La justice n’a pas hésité à donner de la prison ferme à des militants qui dénonçaient la dangerosité du nucléaire et la gestion de la sécurité des sites. Yannick Rousselet, condamné pour complicité, et relayé par le Monde, explique que « c’est EDF qui devrait être sur le banc des accusés. Finalement, on a fait un audit gratuit ». En effet, après cette action et une autre intrusion sur le site nucléaire de Cruas-Meysse, en novembre dernier, ont poussé à la création d’une commission d’enquête parlementaire sur « la sûreté et la sécurité des installations nucléaires ».

Suite à ces condamnations, Jean-François Julliard et l’ONG ont décidé de faire appel. Dans un communiqué le directeur général de Greenpeace France déclare que « Greenpeace France, ses militants et son chargé de campagne nucléaire ont immédiatement décidé de faire appel de cette décision de justice très sévère. C’est la première fois que des militants de l’association sont condamnés à une peine de prison ferme. Yannick Rousselet, salarié de Greenpeace France, est quant à lui condamné pour « complicité » alors qu’aucun fait n’a été établi. Ces lourdes sanctions ne sont pas acceptables pour l’organisation qui a joué son rôle de lanceur d’alerte. Greenpeace France tentera d’en convaincre la Cour d’appel et ne cessera pas de dénoncer l’irresponsabilité d’EDF en matière de sécurité nucléaire. Tout comme elle continuera à participer au débat institutionnel pour démontrer la fragilité des installations nucléaires d’EDF. »

Les militants de Greenpeace ont le malheur de dénoncer l’industrie nucléaire qui rapporte des milliards à Areva et à EDF. Lorsque l’on lutte pour un monde débarrassé du nucléaire, la justice ne manque pas de réprimer. Greenpeace a été condamné en plus à payer 50 000 euros de préjudice moral à EDF. Il ne fait pas bon d’être militant et militant écologiste en France surtout lorsque l’on s’attaque au grand capital.

Pour soutenir les militants de Greenpeace : Signer la pétition




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