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Grève à La Poste. Un premier pas vers la contre-offensive ?

Ce jeudi 8 décembre, à l’appel de plusieurs organisations syndicales, 10.000 postiers se sont mis en grève et sont descendus dans la rue pour protester contre leurs conditions de travail et contre les attaques organisées par la direction de La Poste depuis plusieurs années. Un premier pas pour lancer la contre-offensive ?

Mobilisation réussie pour les postiers. Selon l’UNSA, il y aurait eu 10.000 grévistes ce jour sur près de 250.000 salariés du groupe. En Gironde, SUD a fait état d’un taux de grévistes de 10 % parmi les guichetiers et de 5 % au courrier. C’est donc un bon début pour cette première journée de grève nationale à La Poste appelée par la CGT-FAPT, SUD-PTT et l’Unsa, ainsi que des sections locales de FO. D’autant plus qu’à deux semaines des fêtes, de nombreux salariés ont eu peur de perdre leur prime de Noël face à une direction habituée aux coups bas. Surtout, c’était la première fois depuis bien longtemps qu’un appel à la grève était déclenché sur l’ensemble du territoire, après des années où se sont multipliés les conflits bureaux par bureaux.

Face au massacre social commis par la direction de La Poste depuis plusieurs années, cette jonction des forces est nécessaire. Les chiffres sur 5 ans sont impressionnants : 48 000 suppressions d’emplois, 8000 fermetures de bureaux et un recours massif à l’intérim. Si la direction prétexte la soi-disant baisse du volume de courriers, tous les facteurs savent bien que la part de colis et de travail supplémentaire ne fait qu’augmenter. Mais ce qui augmente le plus, ce sont surtout les bénéfices du groupe depuis qu’elle est devenue une société anonyme en 2010. Au premier semestre, ils ont ainsi bondi de 59%, pour atteindre 675 millions d’euros.

Une affaire de privatisation sauvage donc, qui n’est pas sans rappeler celle de France Télécoms, quelques années plus tôt, et la vague de suicides qui s’en était suivie. Car à La Poste aussi, le calvaire subi par les employés au gré des restructurations successives est particulièrement intense. Cadences infernales, baisses de salaires, maltraitance patronale : La Poste est aujourd’hui surement l’une des pires entreprises de France. En cinq ans, on dénombre 9 suicides liés aux conditions de travail, et ce n’est que la surface émergée de l’iceberg.

Qu’ils soient au guichet ou à livrer le courrier, la situation est telle que les postiers n’en peuvent plus. La colère et la résistance des salariés n’est plus à démontrer, et depuis plusieurs années, les grèves dures et longues à des échelles locales se multiplient. Et sont parfois victorieuses. Ainsi d’un bureau de poste à l’autre, selon les résistances, les conditions de travail sont différentes. Cela montre qu’il est possible de gagner et de faire reculer la direction mais pour cela, il va falloir un vrai de plan de bataille à l’échelle nationale et dépasser les étiquettes syndicales. En ce sens, la mobilisation d’aujourd’hui est un premier signe positif qu’il va falloir amplifier.




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