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Notre classe

Lutte contre la précarité

Grève à l’hôtel de luxe Hyatt Paris-Vendôme. En lutte pour la dignité

Nouvelle grève dans le secteur de l’hôtellerie : épuisés et révoltés contre leurs conditions de travail, les travailleuses et travailleurs du Park Hyatt Paris-Vendôme se mobilisent pour mettre fin à la sous-traitance, à l'exploitation et à l’humiliation qu'ils subissent tous les jours.

Photo : O Phil des Contrastes.

Ces derniers jours, la célèbre rue de la Paix et le parvis du non moins réputé Hôtel Park Hyatt accueillent un spectacle qui détonne avec le luxe des vitrines et voitures rutilantes : attroupement, musique, mégaphone et slogans percutants, voilà de quoi interpeller dans ce quartier chic de Paris ! En effet, depuis le 25 septembre, le personnel de l’hôtel, notamment les femmes de chambre, est en grève, et si le contraste entre cette manifestation et la façade impeccable de l’établissement est frappant, il n’est qu’un indice de celui qui est bien ancré entre l’image de cette maison du luxe et ses dessous déplorables, les conditions de travail proches de l’esclavage qui sont le lot quotidien de son personnel.

« Sous-traitance, maltraitance ! »

Pression, surcharge de travail, difficulté des tâches physiques et épuisantes qui sont les leurs, voilà ce que nous racontent des grévistes, toutes deux femmes de chambre de l’hôtel depuis plusieurs années. Comme elles nous l’expliquent, les lits très bas qui les forcent à se baisser pour en changer les draps, ou encore la piètre qualité des produits d’entretien qu’elles utilisent chaque jour, leur abîment toujours plus le dos et les mains, et témoignent d’une totale indifférence de la direction de l’hôtel pour leurs conditions de travail et leur santé.

A cette pénibilité s’ajoute la précarité pour la plupart de ces travailleurs, moins bien payés par rapport aux salariés d’autres hôtels du même rang, et dont une partie importante est employée en sous-traitance, privés de tout espoir d’être un jour salariés de l’hôtel voire de bénéficier d’une augmentation ou de progresser au sein de l’entreprise, et ce même après plus de dix ans de service pour certains d’entre eux.

« Il faut qu’on se fasse respecter ! »

Devant de telles injustices, un seul moyen pour ces travailleurs de se faire entendre : la grève. Sans aucune reconnaissance ni considération de la part de leurs supérieurs, ceux sans qui cet hôtel ne serait rien et qui ne voient jamais la couleur des millions d’euros de chiffres d’affaire de l’entreprise qu’ils font tourner au quotidien, ont décidé de faire valoir leurs droits et d’imposer leurs revendications. Embauche directe par l’hôtel, augmentation des salaires, remboursement des frais de transports, mise en place de représentants ou encore ouverture d’un compte de pénibilité pour chaque salarié effectuant un travail répétitif, pénible, de jour et de nuit, telles sont certaines des requêtes sans la satisfaction desquelles ils ont bien l’intention de ne pas sortir du conflit. « Cette fois, on ira jusqu’au bout. Il faut qu’on se fasse respecter ! » déclare, déterminée, l’une des femmes de chambre mobilisées.

Cette mobilisation dans les secteurs de la sous-traitance dans l’hôtellerie n’est pas un événement inédit : elle fait suite à de nombreuses grèves ces dernières années, dénonçant une exploitation inacceptable dans ce secteur, dans de nombreux grands hôtels parisiens (grand hôtel W par exemple) et au Hyatt en particulier où des grèves se succèdent depuis 2013, et par lesquelles les travailleurs ont obtenu quelques progrès dans leurs conditions de travail. C’est donc avec conviction qu’ils se mobilisent de nouveau, avec la volonté de durcir la grève tous ensemble et pour tout le personnel, sous-traitants ou employés directs de l’hôtel. Un combat pour la dignité des travailleurs, notamment du nettoyage, qui n’est pas sans rappeler la grève à ONET, il y a quelques mois : là aussi une majorité de femmes précaires s’étaient mobilisées et avaient montré par leur grève le rôle essentiel de leur travail et leur droit à cette reconnaissance.

Vous pouvez contribuer à la caisse de grève : https://www.lepotcommun.fr/pot/1vpwil8t




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