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30% des vols suspendus ce samedi

Grève chez Air France : échec des négociations, les salariés d’Air France ne lâchent rien

Jeudi soir, après une nouvelle tentative de négociation entre la direction d'Air France et les organisations syndicales représentantes du personnel qui s'est soldée par une fin de non recevoir par la direction, les travailleurs ont appelé à une nouvelle journée de grève pour samedi. Après une fin de rendez-vous « tendu », la compagnie est obligée de suspendre 30 % de ses vols ce samedi, jour des départs en vacances. C'est déjà le cinquième jour de grève dans ce conflit.

Crédit photo : AFP/KENZO TRIBOUILLARD

Le 22 février dernier, les salariés d’Air France se sont lancés dans un mouvement revendiquant une hausse salariale. Ils se battent pour l’obtention d’une augmentation de 6 % en compensation du gel de salaires que les travailleurs subissent depuis 2011, malgré les records de bénéfice de la compagnie. Ce samedi est leur cinquième journée de grève, cela coïncide avec le départ en vacances des régions de Bordeaux, Lyon et Poitiers.

Le syndical SNPL, majoritaire dans les cockpits, demande 4,7 % d’augmentation en plus pour les pilotes ; 4,7% qui viendraient s’ajouter aux 6 % de la demande initiale. La direction fait un chantage honteux au travailleurs, en ayant fait une proposition « gagnant-gagnant ». En effet, ils réclament des contreparties en échange de l’augmentation, des efforts et l’arrêt de la grève pour faciliter les négociations. Des contreparties ? Les travailleurs en ont assez fait ! Cela fait 7 ans qu’ils font des efforts sans jamais rien avoir en retour. Les salariés d’Air France ne comptent pas se laisser faire.

C’est la première fois depuis le début du conflit que l’entreprise doit annuler 30 % de ses vols. Ce qui démontre la forte implication des salariés dans ce conflit. La direction s’oppose aux revendications en argumentant que le résultat opérationnel d’Air France reste le moins rentable des compagnies européennes. Malgré un résultat opérationnel en hausse de 41 % cette année par rapport à 2016, ce qui veut dire 1,488 milliards d’euros de bénéfice. Une hausse de salaires de 6 % conduirait la compagnie à débourser 240 millions d’euros.

Puisque la direction ne veut pas augmenter les salaires de 6%, elle propose en contrepartie une augmentation générale en 2018 de 0,6 % au mois d’avril et 0,4 % au mois d’octobre. Une somme dérisoire en sachant que les salaires des travailleurs étaient bloquées depuis 2011 et que l’inflation a fait des grands dégâts dans les ménages des travailleurs.

De plus, la grève a dores et déjà coûté 100 millions d’euros à l’entreprise, 25 millions par jour de grève. Les grévistes ont prévu 7 jours de grève en avril, ce qui porterait à 11 jours mobilisations. Cela veut dire que si la direction n’a pas accepté les augmentations d’ici là, elle aura perdu 275 millions entre février et avril… Cela dépasse le coût de l’augmentation salariale !

Une augmentation salariale qui correspond à 10 jours de grève, c’est trop demander pour une classe de plus en plus bornée et avide de dividendes. Ce qui se joue pour les actionnaires ce sont des chiffres avec plus ou moins de zéro, pour les travailleurs c’est leur avenir et celui de leur famille. Pour les uns c’est « le jeu » pour les autres « leurs vies ». Sept autres dates de grève ont été prévues durant le mois d’avril, la prochaine étant samedi. La lutte d’Air France doit s’inscrire dans le cadre de la mobilisation générale contre l’austérité, les coupes budgétaires et la défense des services publics, c’est seulement ainsi que les travailleurs dans leur ensemble pourront mettre un coup d’arrêt à l’offensive que mènent les gouvernements successifs et le Medef contre les travailleurs et leurs acquis. D’ailleurs, les travailleurs d’Air France ont dores et déjà commencé cette jonction avec notamment les cheminots, puisqu’ils ont défilé ensemble mardi et ils ont trois dates de mobilisations en commun en avril.




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