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Notre classe

Le 22 février prochain

Grève générale annoncée par les syndicats d’Air France-KLM

Suite à l’invalidation, en début de semaine dernière, d’un accord approuvé au préalable par la CFDT et le syndicat CFE-CGC, l’opposition syndicale qui représente plus de 50 % des salariés a déposé un préavis pour une journée de grève générale tous les services confondus pour le 22 février prochain.

Crédits photos : afp.com/Kenzo TRIBOUILLARD

Les négociations annuelles obligatoires (NAO) deviennent une épreuve de force pour la direction de la compagnie franco-néerlandaise, Air France-KLM. Dix syndicats représentant tous les corps de métier de la compagnie, pilotes inclus, réclament 6 % d’augmentation générale. Contre une proposition dérisoire de l’entreprise qui avait était accordée par les syndicats CFE-CGC et CFDT, rien d’étonnant pour ces centrales qui, depuis plusieurs années, nous ont habitués à une politique de conciliation et de dialogue avec le patronat.

Sur les dix organisations syndicales mobilisées, nous retrouvons les principales organisations syndicales des pilotes de la compagnie (SNPL, Spaf et Alter) et deux syndicats d’hôtesses et stewards (SNPNC et Unsa-PNC). Mais aussi cinq autres organisations qui travaillent au sol (CGT, FO, SUD, CFTC et SNGAF). Ces syndicats ont fait peser leur poids en tant que syndicats majoritaires pour faire valoir leur droit d’opposition pour enfin bloquer l’accord validé par CFE-CGC et la CFDT.

Ce qui a pris au dépourvu la direction c’est le refus en bloc de cet accord par le reste des syndicats représentant la majorité des travailleurs et le refus catégorique de la proposition de la part d’Air France-KLM, qui consistait en une augmentation de 0,6 % au mois d’avril et de 0,4 % au mois d’octobre, avec une enveloppe de 1,4 % d’augmentations individuelles mais seulement pour les agents au sol et une revalorisation des indemnités de déplacement.

Gel des salaires depuis 2011

Les travailleurs d’Air France ont subi un gel des salaires depuis sept ans. “Au titre de l‘inflation perdue (2012-2018), nous demandons une augmentation générale des salaires de 6%”, indiquent ces syndicats en appelant l’ensemble du personnel Air France “tous secteurs et tous métiers confondus”, à une journée de grève générale le jeudi 22 Février.

Ce gel des salaires, auquel s’ajoute des restructurations et suppressions de postes, a permis à l’entreprise de réussir par exemple dans l’année 2017 un résultat opérationnel qui est proche de 1,5 milliards d’euros, mais aussi un record en termes de trafic avec 93,4 millions de passagers ce qui signifie une hausse de 5,6 %. Ces résultats sont favorisés par une légère reprise dynamique et aussi le bas coût du baril de pétrole. Et il ne faut pas négliger la croissance de la compagnie low-coast d’Air France-KLM, Transavia qui a accru son activité de 11,2 %.

Des familles brisées, des chemises en lambeaux

La scène est toujours dans notre mémoire, le directeur de ressources humaines d’Air France, Xavier Brocheta, chemise en lambeaux, en train de fuir les salariés de la compagnie. Les salariés manifestaient contre un projet de restructuration qui visait à supprimer 2900 emplois pour améliorer la « compétitivité » de l’entreprise. Deux années plus tard, l’entreprise a enfin retrouvé « ses comptes » à force de suppressions d’emplois, de gels de salaires et d’augmentation des tâches de chaque salarié. C’est de cette façon que les capitalistes puisent leurs bénéfices, en profitant du malheur de milliers de familles brisées par des licenciements ou par un salaire de misère pour ceux qui ont eu la chance de ne pas être dans le « collimateur » de la direction.

La grève générale du 22 février est un premier pas en avant pour freiner la spirale de licenciements et le gel de salaires qui frappe tous les travailleurs. L’exemple des employés d’Air France-KLM est un pas en avant pour la convergence de tous les secteurs du transport aérien, et doit être suivi en dépassant toute logique corporatiste imposée par les directions syndicales et d’entreprise. Parce que le manque de personnel et les bas salaires se font ressentir autant chez Air France que chez Ryanair et d’autres entreprises du domaine du transport aérien, mais aussi chez les contrôleurs aériens et les employés de services à l’intérieur des aéroports.




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