Notre classe

Le gouvernement a encore du pain sur la planche

Grève reconduite dans 7 raffineries sur 8. Le mouvement se durcit !

Publié le 27 mai 2016

Jean-Patrick Clech

Sept sur huit. Un bon score pour la grève. Une mauvaise nouvelle pour le gouvernement. C’est ce qui ressort des AG qui se sont tenues dans les raffineries du pays où le mouvement de grève contre la loi travail a été reconduit à une écrasante majorité.

La situation est désormais assez claire au niveau du bras-de-fer qui oppose les grévistes à Hollande et Valls. Au niveau des huit raffineries de l’Hexagone, la grève complète a été reconduite sur sept sites et les cinq installations du groupe TOTAL sont intégralement paralysées.

A Donges, où les forces de répression sont intervenues vendredi matin pour lever un piquet de soutien aux grévistes du dépôt SFDM du groupe Bolloré, les salariés de la raffinerie TOTAL ont reconduit la grève pour une durée illimitée. Echaudés par les rodomontades de Valls, ils sont déterminés. Sur d’autres sites, comme Grandpuits ou Gonfreville, la grève a été votée en AG et reconduite jusqu’à vendredi prochain, le 4 juin. A La Mède, dans les Bouches-du-Rhône, elle est reconduite en AG jour après jour alors que les grévistes de Feyzun, près de Lyon, se sont donnés rendez-vous en début de semaine prochaine pour faire le point et décider des suites du mouvement.

Eric Sellini, coordinateur CGT chez TOTAL pointe avec satisfaction « qu’en règle générale, indépendamment des raffineurs, le mouvement prend de l’ampleur. Je ne parle même pas du Havre, où c’est absolument massif. A Donges, l’Interpro au niveau de la région de Saint-Nazaire fonctionne à plein régime et plusieurs secteurs sont dans la bagarre, de la construction navale jusqu’à l’aéronautique. A Marseille, tout le pourtour de l’étang de Berre est en ébullition. Il faut voir maintenant la façon dont ça va continuer à la SNCF et comment ça va prendre à la RATP ».

Le mouvement, lui, est loin d’être impopulaire. « Après s’être attaqués à la sacro-sainte bagnole, les raffineurs s’attaqueraient au sacro-saint football en mettant en péril l’Euro. C’est de la foutaise, dit Sellini. Personne n’est dupe, même chez les amateurs de foot, et il y en a un certain nombre, chez nous. C’est ce gouvernement qui prend le pays en otage, et le mouvement s’étend. On sent bien que les choses vont se jouer la semaine prochaine. Soit ils nous plient en deux, soit c’est eux qui plient », conclut Sellini, conscient des enjeux.