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Grèves, blocages : Face à la perte de moyens, des établissements scolaires se mobilisent dans le 93

Les 120 000 suppressions des contrats aidés ( CAU ou CUI) sont déjà fortement ressentis dans les établissements scolaires : perte d'assistants d'éducation, d'agents ATTE, de secrétaires de direction ou d'intendance. Ces mesures s'ajoutent aux nombreux manques de personnel ( CPE, assistants d'éducation...). Le lycée Utrillo à Stains et le collège Pablo Neruda à Pierrefitte sont en grève pour obtenir des moyens humains et de meilleurs conditions de travail et d'étude pour les personnels et les élèves.

D’années en années les conditions de travail se dégradent dans le département de Seine-Saint-Denis. Le département connaît une hausse démographique importante et le nombre d’élèves augmente. Il y a urgence. Lycées, collèges et écoles surchargés et délabrés, baisse constante des moyens et des personnels, la réalité de l’enseignement prioritaire en Seine-Saint-Denis conduit de nombreuses grèves perlées dans le département depuis cette rentrée scolaire.

Au collège Pablo Neruda à Pierrefitte-sur-Seine, les enseignants et les parents d’élèves sont mobilisés pour réclamer des moyens supplémentaires : un troisième poste de CPE, le classement de l’établissement en REP+ ( c’est-à-dire en éducation prioritaire renforcée). A la rentrée de janvier les enseignants ont commencé la mobilisation pour obtenir satisfaction par trois jours de grève, suivis par les parents d’élèves qui ont bloqué l’établissement pour appuyer les personnels en grève.
Le manque de moyens criant n’est plus supportable. Reçus par l’inspection académique, ils n’ont pas encore obtenus satisfaction. La mobilisation continue pour les enseignants et les parents d’élèves qui ont décidé de plusieurs actions. Ce jeudi, ce sera une occupation nocturne du collège.

Même scénario au lycée Utrillo à Stains. Comme pour beaucoup d’établissements scolaire, les contrats uniques d’insertion sont supprimés et la baisse des moyens humains impacte directement le lycée. Résultat : deux surveillants en moins.
Avant les vacances de décembre, l’ensemble du personnel de la vie scolaire comprenant quatre CPE et dix assistants d’éducation ainsi que deux professeurs documentalistes ont donc décidé de se mettre en grève reconductible à la rentrée des vacances à partir du lundi 8 janvier pour dénoncer ces baisses de moyens mais exiger également des postes d’assistants d’éducation.
Grève des personnels mais aussi actions des élèves ( tentatives de blocus, déclenchement d’alarmes incendies, feux de poubelles) auront eu raison du rectorat puisque mardi 16 janvier, après un entretien la veille, la grève et les actions ont permis d’obtenir un poste d’assistant d’éducation. C’est une « petite victoire » pour le personnel. En effet, un seul poste obtenu pour 2018. Mais quid pour les années futures ?

Depuis la rentrée, la coupe est pleine dans l’éducation. On déplore le manque de moyens, les sureffectifs et une dégradation des conditions d’enseignement et d’étude dans l’éducation. Et cela ne cesse de s’empirer. Alors que les personnels des établissements scolaires réclament du personnel vie scolaire, des enseignants, des agents ATTE (Adjoints Techniques Territoriaux des Établissements d’enseignement – employés par les Conseils généraux dans les collèges depuis les lois de décentralisations), les seules réponses sont des mesures austéritaires : suppression des contrats aidés, des CUI, de 120000 fonctionnaires.

Fin janvier, les collèges et lycées recevront les DHG ( les dotations horaires globales. C’est le nombre d’heures d’enseignement octroyé à l’établissement par l’Inspection Académique (pour les collèges) ou par le Rectorat (pour les lycées). La DHG est donc attribuée à l’établissement, elle n’est pas votée. Cette DHG déterminera entre autre le nombre d’élèves par classe et les créations ou suppressions de postes. D’ores et déjà, il est à parier que les dotations pour la rentrée prochaine ne seront pas suffisantes pour assurer un fonctionnement au moins correct dans les établissements scolaires.

Et pour ne pas subir un nivellement par le bas mais aussi obtenir des moyens supplémentaires, il faudra suivre l’exemple du lycée Utrillo et du collège Pablo Neruda, tout en coordonnant les luttes, se battre par les grèves, blocages et s’auto-organiser afin d’obtenir une victoire globale pour tout le département du 93 déjà largement sinistré et d’autant plus méprisé par ce gouvernement.




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