Notre classe

La violence patronale a encore frappé

Guyancourt. Mort d’un salarié de Renault après un entretien disciplinaire

Publié le 25 novembre 2016

Un salarié qui travaillait au Technocentre de Renault Guyancourt, dans les Yvelines, est mort ce matin. Il avait été hospitalisé la veille après avoir fait un malaise durant un entretien disciplinaire où il risquait le licenciement. Un drame de plus qui vient illustrer la violence patronale à l’œuvre dans nos entreprises.

Georges Camac

Les circonstances de la mort de ce salarié de 44 ans, marié et père de famille, restent pour l’instant encore floues. Ce que l’on sait, c’est que celui-ci avait été convoqué pour un entretien portant sur « une éventuelle sanction disciplinaire pouvant aller jusqu’au licenciement » selon la CFDT, dont un délégué accompagnait le salarié non syndiqué durant son entretien. Pour l’instant, la direction n’a pas voulu communiquer sur le motif de cette sanction éventuelle. Rien d’étonnant quand on sait comment les patrons sont habitués à nous licencier pour trois fois rien. D’autant plus que, selon la CFDT, « notre collègue considérait cette procédure comme totalement infondée, profondément injuste et vivait extrêmement mal cette période ».

Ce qui est sûr, c’est que bien une nouvelle fois la violence patronale qui a mené ce salarié à la mort. Et la dictature patronale est particulièrement forte sur le site du Technocentre de Renault Guyancourt. Entre Juillet 2005 et octobre 2009, une vague de suicide terrible a vu 7 salariés du site se donner la mort dont 3 sur leur lieu de travail. Cette violence qui mène à la mort est la conséquence le plus souvent directe du quotidien des millions de travailleurs, celle des cadences infernales, des salaires de misère, mais aussi de la peur de perdre son emploi qui devient, dans ce contexte de crise, un moyen de pression supplémentaire pour les patrons pour nous obliger à garder la tête baissée. Face à cette violence, il est plus que jamais temps de nous organiser et de résister ensemble. Au Technocentre de Renault Guyancourt, des élus ont déjà demandé la tenue extraordinaire d’un CHSCT (Comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail). Un premier pas pour commencer la contre-offensive ?