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Société

Surproduction et écologie

H&M. 60 tonnes de vêtements invendus brûlés depuis 2013

C’est une nouvelle polémique pour le géant suédois de la mode H&M. Après les « vêtements dangereux », l’enquête Opération X, menée par des journalistes danois, a révélé que la surproduction (60 tonnes depuis 2013) était tout simplement brûlée.

En 2014, H&M faisait déjà parler de lui. Le géant de la mode était en effet cité dans l’affaire des produits chimiques dans les vêtements pour enfants, aux côtés d’une douzaine d’autres marques du textile. A l’époque, Greenpeace avait testé une cinquantaine de produits issus de ces marques, dont H&M. Résultat, 61% d’entre eux contenaient des substances nocives. Trois ans après, c’est une nouvelle polémique qui touche la marque Suédoise. Celle de la surproduction et des méthodes employées pour sa gestion.

Des justifications qui ne tiennent pas la route

D’après l’enquête Opération X, menée par des journalistes danois, 12 tonnes de vêtements H&M sont tout simplement brûlées chaque année, soit un total de 60 tonnes depuis 2013. La surproduction est amenée à l’entreprise d’élimination de déchets Kara Noveren.

H&M n’a pas démenti totalement les informations de l’émission. Cependant, elle a affirmé au Figaro que « les produits envoyés à l’incinération sont uniquement ceux qui ne remplissent pas pleinement nos règles de sécurité ». Dans un communiqué, l’entreprise suédoise est allé plus loin dans les explications, affirmant que « ces produits ne pouvant en aucun cas être vendus à nos clients ni être recyclés, ils sont donc automatiquement détruits en accord avec notre politique globale de sécurité ».

Un « absolu recours » qui ne tient pas la route, puisque l’enquête des journalistes d’Opération X indique que les produits analysés « ne contenaient pas de niveaux nocifs de produits chimiques ou de taux d’humidité anormaux ». L’information a de quoi faire sourire quand on sait que, trois ans avant, H&M mettait en circulation des vêtements pour enfants qui, eux, contenaient des substances nocives.

Mais le géant de la mode se retrouve aussi piégé par sa propre communication. En effet, en 2015, H&M prônait une « mode durable » qui consistait à la fabrication de vêtements issus du recyclage d’habits usés. Dire qu’il apparaît contradictoire, d’une part, de tenir un tel discours et d’autre part d’incinérer plusieurs dizaines de tonnes d’habits en 4 ans est une absolue évidence. Dire que la marque a visé à un effet d’annonce « écologiste » pour redorer son blason après l’affaire des vêtements pour enfants contenant des substances nocives aussi.

Un surplus détruit. L’irrationnelle logique capitaliste

D’un point de vue écologique, la destruction du surplus de vêtements est une aberration totale. En effet, entre la fabrication et le(s) transport(s) de la marchandise, il fait peu dire que le bilan carbone des opérations (pour rien) n’est guère flatteur pour une entreprise qui mise justement sur le « mode durable » comme vitrine.

Pourtant, dans la logique capitaliste, ces opérations n’ont rien d’absurde. La production en grande quantité, quitte a rogner sur la qualité des produits en externalisant la production dans des pays « à bas coût » permet bien évidemment de s’affirmer en tant que super-puissance du textile. En d’autres termes, il s’agit de tuer la concurrence pour se retrouver en position de monopole, aux côtés des autres multi-nationales du textile. La sur-exploitation de la main d’œuvre à bas coût permettant entre autres de pouvoir maximiser la production sans impact majeur sur la trésorerie. Sans parler, bien entendu, de la sous-traitance qui permet là aussi de minimiser les pertes pour H&M. Brûler le surplus de production n’est donc qu’un moyen de se débarrasser de cette encombrante marchandise. Quant au don pour les plus démunis, voilà une option risible pour les grands patrons de multinationales type H&M.

Crédits photo : Bloomberg News




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