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Hamon, Mélenchon. Pas un mot sur l’absence des six autres candidats au débat de TF1 !

Lors du « grand débat » de TF1 lundi soir, seul les favoris étaient conviés. Si Macron, Fillon et Le Pen ont, pour bien paraitre, déplorés l'absence des 6 « petits », Benoit Hamon et Jean-Luc Mélenchon sont restés silencieux.

« On est onze candidats, il y en a cinq ici. Ça pose une question démocratique. Je sais que les sondages ont une grande vertu. Pour les commentateurs. Mais avec cette règle-là, je n’aurais pas pu participer à la primaire de la droite et du centre. Je voulais le dire ce soir. » C’est ainsi que François Fillon a lancé son « grand débat de la présidentielle » ce mardi soir sur TF1. « Je partage les propos tenus à propos des autres candidats absents de ce débat », a renchérit Macron, suivi par Marine Le Pen : « Puisque une majorité de candidats ont l’air d’être d’accord, je pense que TF1 pourrait effectivement s’honorer à organiser un débat dans les mêmes conditions que celui qui est organisé ce soir avec les six candidats qui ne sont pas précisément présents ce soir ». Et puis ? Plus rien ! Les deux « grands de la gauche » sont restés muets.

Bien sûr, l’attitude de Macron, Fillon et Le Pen n’est, en rien, plus démocrate que la démarche initiale de TF1. Si ces derniers étaient véritablement sincères, ils et elle auraient refuser de participer au débat, ou quitter le plateau dès l’ouverture. On comprend assez aisément que cette succession de « pensées émus » était avant tout une manœuvre réussie pour faire mieux ressortir l’absence de dénonciation des deux autres candidat de gauche. Ainsi, force est de constater que ni Benoît Hamon, ni Jean-Luc Mélenchon n’ont pris la peine ne serait-ce que de « feindre l’émotion ». De leur part, il n’y aura eu de dénonciation ni avant, ni pendant, ni après le débat.

Commençons par le candidat socialiste. Benoît Hamon a été désigné candidat du PS dans un contexte de crise avancé du parti. Il y a bien sûr le quinquennat Hollande, ses séries d’attaques contre les travailleurs et les masses populaires et une dérive sécuritaire qui n’est allé qu’en s’accélérant, les prises de positions de rupture d’une partie de l’aile droite du parti, soutenant ouvertement la candidature de Macron mais aussi le déroulement même de la primaire de la gauche. En effet, cette dernière avait été marquée par l’affaire du gonflement des résultats et... l’exclusion de Gérard Filoche du débat. Or, l’une des clefs de la victoire de Benoît Hamon lors de cette primaire plonge ses racines dans le rejet de la droitisation du PS et de ses méthodes anti-démocratique. Le vote Hamon a trouvé son succès dans la volonté des derniers fidèle au PS de renoué avec certaines valeurs de la gauche. En ce sens, l’attitude du candidat socialiste à propos de la non participation des six « petits » candidat au débat entre en contradiction avec ces aspirations de la base, en plus d’être une position purement détestable tout court.

Cette contradiction apparaît avec d’autant plus de force chez Jean-Luc Mélenchon. Le candidat de la France Insoumise a, parmi d’autre, comme slogan « qu’ils dégagent tous ». On était loin d’imaginer qu’il parlait des « petits candidats » et d’ouvrier comme Philippe Poutou... C’est bel et bien parce que Mélenchon se pose comme l’homme providentiel face à « l’oligarchie », la puissance de l’argent ou bien encore l’élitisme politique, que cette « non réaction » est particulièrement choquante. Doit-on s’attendre à une telle désillusion lors de cette fameuse « constituante par tirage au sort », pour l’heure extrêmement flou sur la mise en œuvre ? Il est clair que dans ce contexte, Jean-Luc Mélenchon devrait apporter une réponse claire. La grande majorité de ses sympathisants et de son électorat est particulièrement sensible à ces questions (bien plus que pour Hamon) et une telle attitude représente un véritable affront envers les « insoumis », tant le masque tombe avec fracas.

Benoït Hamon et Jean-Luc Mélenchon auraient dû refuser un tel procédé anti-démocratique, ou du moins se prononcer à ce sujet, si ce n’est forcer la main de TF1 à revoir ses plans en refusant que le débat se déroule dans ces conditions. L’un comme l’autre en serait ressorti grandi, mais cela n’est en aucun cas concevable pour ces deux candidats qui, comme l’ensemble des présents ce mardi, ne sont que des variantes politiques ne remettant nullement en cause les racines profondes du système.




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