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Politique

Objectif 5 % ?

Hamon à Toulouse. Un dernier meeting pour tenter de sauver les meubles

Pour son dernier meeting de campagne, Benoît Hamon était à Toulouse ce 18 avril. Entre deux attaques envers Macron et Mélenchon, c’est bel et bien l’inquiétude de ne pas dépasser les 5 % qui anime les rangs dégarnis du PS.

Le meeting de ce mardi à Toulouse sera, sauf énormissime surprise, le dernier de la campagne électorale de Benoît Hamon. Pour ce dernier tour de piste, et avant son rassemblement de soutien place de la République ce mercredi, le candidat socialiste a choisi la ville rose, dans la droite lignée de la tradition socialiste aux présidentielles, et son Zénith, qui a accueilli environ 5 000 personnes.

Englué sous la barre des 10 %, et alors que plus de 43 % des sondés estiment leur vote en faveur de Benoît Hamon encore incertain, le député des Yvelines a avant tout ciblé les deux candidats qui, à sa droite et à sa gauche, ont inexorablement grignoté sa base électorale. « Il y a ceux qui n’aiment que les meetings, mais moi je n’ai jamais cherché à me mettre à l’abri, je n’étais pas sur une péniche », a-t-il ainsi lancé en référence à la remontée en péniche sur la Seine de Jean-Luc Mélenchon et de son meeting démultiplié en 6 hologrammes, avant de l’attaquer sur ses positions internationales, notamment par rapport à la Russie. L’objectif ? Apparaître comme un homme de terrain, qui va au contact de la population. « Une campagne électorale, c’est d’abord une rencontre avec les Français. Benoît, lui, y va, quand d’autres qui parlent tous les jours du peuple, ne s’y risquent pas  », a ainsi souligné David Assouline, sénateur de Paris pour la formation socialiste. Au candidat d’En marche !, Hamon a aussi réservé quelques piques : « Sur Radio J, Emmanuel Macron a dit qu’il était contre la création d’un État palestinien. Sur Beur FM, il a dit qu’il était pour la coexistence de deux États. La vérité doit être dans le taxi entre les deux radios… ou dans le Uber  ». Des attaques qui semblent aujourd’hui avant tout chercher à limiter la casse tant le candidat socialiste semble en difficulté pour terminer une campagne en forme de chemin de croix.

 « L’objectif affiché est de passer la barre des 10 %, mais en réalité on espère surtout atteindre les 5 % et le seuil de remboursement »

Le fiasco qui s’annonce pour le candidat socialiste sera-t-il absolu ? C’est bel et bien cette question qui inquiète les désormais rares fidèles de Benoît Hamon. Si l’objectif officiel est d’atteindre les 10 %, l’érosion de la candidature PS, estimée à 7.5% dans les pires scénarios mais surtout avec une incertitude de vote (43 %) encore élevée à quelques jours du scrutin, laisse entrevoir le pire des scénarios pour les locataires de la rue de Solférino : celui de ne pas atteindre les 5 % et ainsi « battre » le record historique de Defferre en 1969.

Un camouflet qui, s’il aura dans tous les cas de figure des conséquences majeures pour le pilier gauche de la bourgeoisie française, peut donc se transformer en catastrophe financière. En effet, atteindre la barre des 5 % est synonyme de remboursement de frais de campagne. Or, avec un budget estimé à 14 millions d’euros, il s’agirait donc d’un énorme trou dans la caisse du Parti socialiste. Alors que la campagne 2017, moribonde et crépusculaire pour la formation socialiste, semblait s’acheminer vers une mort lente de l’appareil, voilà qu’une nouvelle préoccupation occupe les esprits des pontes du PS. Et nul doute qu’un scénario catastrophe et la « non-atteinte » de la barre des 5 % seraient sources de secousses encore plus violentes, et ce juste avant la campagne des législatives.

Photo Ulrich Lebeuf.




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