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Politique

De l’argent pour les hôpitaux, pas pour les casernes !

Hausse de 1,6 milliards d’euros pour le budget de l’armée

Ce jeudi 7 septembre, le gouvernement a annoncé une hausse du budget de l’armée de 1,6 milliards d’euros pour 2018. La seule hausse de budget pour un ministère, quand tous les autres sont sous les foudres de coupes parfois monumentales.

Crédit Photo : AFP / Kenzo Tribouillard

Edouard Philippe a ainsi déclaré que cette hausse « sans précédent au cours des dix dernières années » serait également poursuivie en 2019, puis en 2020 « parce que le monde dans lequel nous vivons est dangereux ». Il s’agit en effet d’une concrétisation de la promesse d’Emmanuel Macron, qui s’était fixé comme objectif que le budget de la Défense atteindrait 2% du PIB en 2025. Cette déclaration surgit deux mois après la polémique du début de l’été, sur les coupes de 850 millions d’euros dans les finances des armées pour 2017, ce qui lui avait valu la démission de Pierre de Villiers, chef de l’état-major des armées . Macron essaye donc, tant bien que mal par cette annonce, de soigner son image devant les militaires français et de réaffirmer son statut de « chef de guerre ». De plus, cette hausse de budget devrait permettre au président de renouer la confiance avec un secteur très important de la bourgeoisie, celui du complexe militaro-industriel, qui pèse beaucoup dans « l’Etat profond », et dont le soutien est primordial pour que Macron puisse mener à bien ses réformes durant le quinquennat.

Cette hausse extrêmement significative du budget de la défense a lieu en même temps que la baisse des APL, la quasi suppression de l’impôt sur la fortune, et la suppression de 149 000 emplois-aidés pour 2017. L’armée n’est en effet pas concernée par les restrictions budgétaires qui affectent l’ensemble des politiques publiques. Bien au contraire, ces dernières serviront à financer une militarisation de plus en plus accrue en France dans le contexte où l’Etat d’urgence a été rendu ordinaire par les lois Collomb, ainsi qu’avec l’opération Sentinelle qui mobilise les militaires dans toutes les villes françaises, mais également partout dans le monde là où les 30 000 militaires de l’armée française sont déployés en y défendant des intérêts économiques et géopolitiques impérialistes. Quand Edouard Philippe, premier ministre du pays qui est devenu, derrière les Etats-Unis, le second pays qui tue le plus, nous explique que « le monde dans lequel nous vivons est dangereux » il y a de quoi rire. En effet, sous le quinquennat Hollande, ce ne sont pas moins de cinq guerres à l’étranger qui ont été menées, avec des milliers de morts, dont de nombreux civils et ce, uniquement pour défendre les intérêts du capitalisme français dans le monde. Plutôt que donner de l’argent aux armées qui sèment la mort aux quatre coins du monde et qui nourrissent indirectement la barbarie terroriste, tout cet argent qui va permettre d’acheter Rafales, Famas et autres machines de mort serait plus utile dans les budget de l’Education nationale et de la Santé par exemple, qui souffrent depuis des années de restrictions budgétaires qui les amènent à licencier de plus en plus et qui rendent les conditions de travail des fonctionnaires insupportables.




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