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Politique

Précarisation en cours

Hausse de la CSG. Le gouvernement entend faire les poches des retraités

Les retraités ont foulé le pavé ce 28 septembre pour protester contre la hausse de la CSG qui se traduirait par une perte de 306 euros par an pour une retraite de 1500 euros. Cette frange de la population devra aussi subir l'austérité voulue par le gouvernement Macron. Et Barbara Pompili qui leur demande gentiment de faire un petit effort.

Crédit Photo : CHRISTOPHE ARCHAMBAULT / AFP

Une majorité des retraités concernée

Invitée de France 2, la députée LREM et ancienne secrétaire d’État à la Biodiversité de François Hollande, Barbara Pompili, est revenue sur la grogne des retraités avant leur manifestation de jeudi pour protester contre la hausse de la CSG. Sans doute pas très au clair avec les pourcentages, elle a expliqué que « l’immense partie des retraités ne vont pas avoir à faire cet effort-là ». Pourtant, la hausse de la CSG de 1,7 point qui doit servir à financerla baisse des cotisations salariales qui est déjà une grosse attaque contre les travailleurs et qui doit toucher les retraités qui bénéficient d’une pension supérieure à 1 200 euros, concerne environ 8 millions de personnes sur les quelques 14 millions de retraités, soit près de 60% d’entre eux. Fin août, le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, avait déjà demandé à nos aînés de faire un effort. « Je leur dis qu’ils le font pour les plus jeunes générations et pour récompenser le travail. Ce n’est pas un effort pour alimenter les caisses de l’État ». Et pourtant, les jeunes ne verront pas cet argent et cette augmentation devrait rapporter un peu plus de 20 milliards d’euros qui iront directement dans les poches de l’État.

Les retraités ne sont pas des nantis !

Cette mesure est légitimement condamnée par les principaux syndicats de retraités, CGT, FO, CGC, CFTC, FSU, Solidaires, FGR. Ils ont organisé des manifestations dans plusieurs villes de France. 2 000 personnes ont manifesté à Bordeaux, 1 200 à Lille, 1 000 à Rouen et 10 000 à Paris, où des étudiants étaient venus les soutenir.
« Avec la hausse de la CSG, le pouvoir d’achat des retraités va baisser brutalement », dénonce Gérard Gourguechon, représentant du syndicat des retraités Solidaires. Les organisations syndicales expliquent que cette perte correspond à un montant de 306 euros par an pour une pension de 1 500 euros. Un « effort » déjà demandé par Emmanuel Macron à ceux qu’il considère comme les « retraités les plus aisés ». 1 200 euros serait donc un niveau d’aisance pour Jupiter, lui qui gagnait des millions chez Rothschild et qui n’a jamais su ce que représentait 1 200 euros. Selon Macron, cet « effort » serait pour « récompenser le travail » en redonnant du pouvoir d’achat aux actifs. Quel beau projet de société : prendre l’argent des retraités, alors même qu’ils sont une frange de la population précaire. Ils ont passé toute une vie de labeur, ont gagné l’argent de leur retraite en bousillant leur vie au boulot et voilà comment la société les récompense. Une retraite dont beaucoup ne profiteront pas, l’espérance de vie ayant baissé en France, tandis que l’âge de départ à la retraite lui, augmente.
Martin Brun, ex-agent RATP de 66 ans explique que la hausse de la CSG « est la goutte d’eau qui fait déborder le vase, car elle s’ajoute à des tas de mesures depuis des années », évoquant notamment la suppression de la demi-part fiscale des veuves et veufs.

C’est quoi 15 euros ?

Par la suite, Barbara Pompili qui, elle, aura une retraite conséquente avec ses différents mandats (contrairement au tourneur fraiseur du coin) explique qu’effectivement, « il est vrai que l’on demande à une catégorie de retraités un petit effort. Un effort de l’ordre de 15 euros par mois pour des gens qui ont un revenu, qui peuvent se le permettre ». Ce gouvernement n’a aucune gêne. On parlait il y a quelques années de la droite décomplexée mais là ils sont vraiment en roue libre, du PS au FN. Ils disent la même chose pour les APL. Les jeunes peuvent bien se passer de 5 euros d’APL... Les ministres touchent 10 049 euros par mois... Pas besoin d’APL puisqu’ils ont des logements de fonction payés par nos impôts. 5 ou 15 euros c’est effectivement rien pour eux mais pour un étudiant ou un retraité, c’est autre chose.

Retraités, travailleurs et étudiants, même combat !

Comble de l’ignominie de la part de la député de la majorité présidentielle, elle ose justifier cette ponction dans les retraites au nom de la solidarité intergénérationnelle. « On leur demande de faire un effort parce que d’autres catégories aujourd’hui de la population, les jeunes notamment, eux n’ont pas la chance qu’ils ont ». Quelle est la chance des retraités ? Pouvoir souffrir des séquelles de leur vie de labeur, isolés et exclus de la société ? La jeunesse ne veut pas de l’argent volé aux retraités ! Les jeunes veulent garder leur 5 euros d’APL par mois que le gouvernement leur a également volé. La jeunesse aimerait que le gouvernement prenne aux plus riches et pas aux plus pauvres et aux plus précaires.

Gérard Gourguechon l’explique très bien « dans le même temps, le gouvernement supprime l’ISF, baisse l’impôt sur les sociétés, réduit les APL, ça ne passe pas du tout dans l’opinion publique ». Macron et son gouvernement font une attaque globale sur les travailleurs, les étudiants, les retraités. C’est collectivement qu’il faudra répondre pour mettre à bas ce gouvernement car comme chantaient les retraités ce jeudi : « Les jeunes dans la galère, les vieux dans la misère, on n’en veut pas de cette société-là ».




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