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Politique

Impunité policière

« Hausse significative » de l’usage des armes à feu par la police

Depuis l'adoption de la loi étendant la légitime défense des forces de répression en février dernier, l'IGPN constate une « hausse significative » de l'usage des armes à feu par la police. Une hausse continue depuis 2016 qui participe d'une véritable impunité policière.

Le constat de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) est sans appel : l’usage des armes à feu par la police est en hausse constante et significative depuis 2016 au moins, soit depuis l’instauration de l’état d’urgence permanent. Entre 2016 et le premier trimestre 2017, on est passé de 116 à 192 usages d’arme individuelle par les forces de répression. La palme revient aux tirs d’intimidation et de sommation qui ont augmenté à eux seuls de près de 90%. On note aussi les effets de l’équipement de la police par du matériel militaire quand on se penche sur les tirs accidentels d’armes longues comme les fusils d’assaut G36 que les forces de l’ordre n’ont pas hésité à utiliser pour réprimer la dénonciation des violences policière, notamment à Beaumont-sur-Oise lors des échauffourées qui ont suivi la mort d’Adama Traoré.

L’IGPN pointe des faits qui ont tout pour nous inquiéter depuis que l’Assemblée a décerné un permis de tuer avec sa loi sur l’extension de la légitime défense, mais elle ne cerne pas les causes de cette augmentation considérable de l’usage des armes par la police. Ainsi, elle excuse les tirs accidentels au titre d’un « défaut de maîtrise d’armes plus complexes et plus encombrantes » par les policiers alors que distribuer du matériel militaire revient à renforcer le sentiment d’impunité quand on met le doigt sur la gâchette. Enfin, elle analyse l’augmentation de l’usage des armes en service comme un « révélateur de la hausse des violences exercées contre les policiers » alors que ces violences sont la réplique de la violence systématique qu’exerce la police sur les quartiers et sur les manifestants. Depuis les affaires Adama, Théo et les multiples yeux crevés en manifestation, le vrai visage de la violence policière est devenu une évidence pour ceux qui scandent « tout le monde déteste la police ».

L’état d’urgence, allié à la présomption de légitime défense qui renforce le pouvoir et l’arbitraire policier, expliquent bien plus sûrement la « hausse significative » de l’usage des armes à feu par les forces de répression que n’importe quel usage de tirs « justifiés et justifiables » par la police sous prétexte de légitime défense.

Crédits @Thomas BREGARDIS




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