Société

Lors de la marche sur le site de Sivens

Hommage à Rémi Fraisse. Emmenés par une élue locale, des pro-barrage poignardent trois militantes

Publié le 24 octobre 2016

Ce dimanche 23 octobre, une marche était organisée sur l’ex-ZAD de Sivens, en hommage à Rémi Fraisse, assassiné par la gendarmerie il y a deux ans. Alors qu’une centaine de personnes se rendaient sur place, une vingtaine de "pro-barrage" leur ont barré la route, emmenés par une adjointe de la mairie de Lisle-sur-Tarn. Une échauffourée éclate, et trois femmes venues rendre hommage à Rémi ont été blessées à l’arme blanche.

Julian Vadis

Pour l’heure, et d’après les informations disponibles, la vie des trois jeunes femmes agressées par les pro-barrage n’est pas en danger. Face à ces agissements perpétrés par des individus favorables au projet de barrage de Sivens, d’ailleursjugé inutile par la justice entre temps, une plainte va être déposée.Après le meurtre de Rémi et les nombreuses agressions qu’ont subies les zadistes par ce qui ressemble grandement à une milice, cette dernière ne semble pas prête à déposer les armes, bien au contraire, quitte à faire d’autres morts..

Alors que le mouvement pro-barrage, impliquant directement des membres de la FDSEA et divers groupuscules d’extrême-droite, a décidé en cette période d’hommage à l’un des nôtres de remettre le couvert, un renfort de poids est venu garnir les rangs. En effet, une adjointe à la maire de Lisle-sur-Tarn, connue pour être une opposante farouche aux zadistes, se trouvait en tête du groupe d’une vingtaine de personnes. Prenant directement à partie le cortège venu rendre hommage à Rémi. Le guet-apens était semble-t-il bien préparé, puisque selon un témoignage paru sur Médiapart, des troncs d’arbres ainsi que diverses voitures barraient le passage, avec à l’arrière des gendarmes postés ! Ce n’est qu’après que les coups de couteaux aient été assénés que ces derniers se sont interposés, tout en faisant la morale selon les termes du témoignage, aux personnes venues rendre hommage à Rémi.

Dans un contexte où les forces de police manifestent pour réclamer plus de moyens répressifs, ainsi qu’un assouplissement des conditions de légitime défense, la fachosphère ne semble pas en reste. Alors que se profile des manifestations d’hommage à Rémi, cette donnée doit être prise en compte. Face à une extrême-droite toujours plus à l’offensive et une police qui réclame toujours plus d’impunité comme en témoignent les revendications de leurs manifestations armées et encagoulée, nos manifestations doivent au plus vite se doter de systèmes d’auto-défense issus de cadres les plus larges et les plus démocratiques possibles.