^

Politique

Premier mai

Hommages à Brahim Bouarram : Macron fait dans la récup’

Décidément, le 1er mai a marqué cette année un seuil dans la démobilisation de notre classe, déboussolée face au faux choix qui lui est promis par le 2nd tour. Mais les manifs traditionnelles de la fête internationale des travailleurs ont aussi fait l’objet d’une tentative de récupération de la part du mouvement de Macron, qui appelait à manifester au même endroit dans plusieurs villes. Les médias ont ainsi pu voir Macron sur le lieu de commémoration de l’assassinat de Brahim Bouarram par des militants du FN en 1995.

Joli coup de pub pour ce type qui ne s’est jamais manifesté dans la lutte contre le racisme, et qui invente sa lutte contre le FN au coup par coup. Rappelons quand même qu’il était ministre de l’Économie d’un gouvernement qui s’est chargé des perquisitions administratives depuis l’état d’urgence, des assignations à résidence, et qui est allé jusqu’à proposer la déchéance de nationalité, revendication directement empruntée à l’extrême droite.

Et le voilà, face caméra, qui nous fait le coup de l’antiracisme et de la lutte contre le FN. Avec la même sincérité, sans doute, que Chirac qui, en 2006, avait osé « découvrir » les difficultés matérielles des anciens soldats des colonies après avoir vu le film Indigènes. Ou encore Hollande qui, subitement pris d’un souci d’égalité probablement, a réintégré 28 tirailleurs sénégalais dans la nationalité française le 15 avril dernier.

On imagine sans peine la place qu’occupe la lutte contre le racisme et les idées puantes du FN dans la vie de tels personnages : le temps d’une pastille, quelques minutes médiatiques. Macron est un fake à soi seul, il est hors de question de lui laisser la lutte contre le racisme et l’extrême droite comme s’il ne s’agissait que d’un moment de presse people. Si le racisme tue encore, tous les professionnels de la politique en sont directement responsables.