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Notre classe

Crise au sein de l'hôpital public

Hôpital de Saint Brieuc : 120 médecins démissionnent de leurs fonctions administratives

C’est à Saint-Brieuc, en Bretagne que cette contestation s’est déroulée. En début de mois, 120 médecins ont démissionné de leur fonction administrative point culminant d’une crise ouverte avec la direction.

Le mardi 9 octobre, la quasi-totalité des praticiens de l’hôpital de St-Brieuc ont déposé leur démission a la CME (commission médicale d’établissement), instance représentant les médecins, qui est par ailleurs obligatoire et possède depuis 2005 quelques pouvoirs de décisions.
Cette décision n’impacte a priori pas les soins, c’est ce qu’assure la direction qui précise que cet évènement est : « sans incidence sur l’engagement quotidien de ces mêmes médecins à délivrer des soins de qualité à la population ».

Cette décision est loin d’être un coup de tête, les médecins avaient annoncé durant l’été qu’ils démissionneraient si rien ne changeait, ils ont mis leur menace à exécution. Plusieurs raisons sous-tendent cette décision. C’est en grande partie l’annonce de la construction du futur pôle ambulatoire qui a accéléré les dissensions. Ce qui est caractéristique d’un mode de gouvernance problématique, qui ne prend aucunement en compte l’avis des praticiens, raison principale de leur colère. Un médecin commente : « Nous ne sommes même pas associés à ce projet qui va coûter 25 millions d’euros et qui est conduit sans aucune concertation »

Par ailleurs, le non renouvellement des CDD du personnel soignant, a également poussé à cette contestation des médecins. Dans un contexte que tous le monde connaît, où la pression sur le corps médical, par manque de personnels, s’accentue avec l’austérité, cette annonce a forcément été mal reçue.

Suite à cette annonce, les médecins ont saisi l’ASR (Agence régionale de santé) de Bretagne, mais il n’y a toujours pas de réponse de cette instance, qui affirme de son côté à Libération qu’une « mission de médiation est en cours de réalisation ». C’est un statu-quo qui est donc en cours à Saint-Brieuc.

Il faut souligner la nouvelle structuration des centres hospitaliers, les ‘’Groupement Hospitalier de Territoire (GHT)’’, qui ont pour vocation « de construire et mettre en œuvre une stratégie territoriale de prise en charge commune et graduée du patient, dans le but d’assurer une égalité d’accès à des soins sécurisés et de qualité. », c’est en tout cas ce que l’on peut lire officiellement. Une des conséquences d’ores et déjà concrète est la suppression des ‘’doublons’’, c’est-à-dire que les soins spécialisés seront répartis à l’échelle d’un vaste territoire, donc de plus en plus espacés et de moins en moins accessibles pour les habitants qui vivent dans les espaces ruraux ou en périphérie des villes.

Crédit Photo : Hopital Yves le Foll de Saint-Brieuc / Jean-Marc Seigner