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Politique

La chute libre…

Humilié par Macron et le PS : Au revoir Valls ? Tu ne nous manqueras pas !

Manuel Valls passe un début de semaine difficile, rejeté de toute part. D’abord recalé par « En marche » de bon matin, une autre nouvelle lui est tombée dessus : une « procédure » d’exclusion du Parti socialiste. Récit d'un suicide politique.

Valls ou l’histoire d’une chute libre. Tel pourrait être résumé le début de semaine de Manuel Valls, quelques jours seulement après les résultats de la présidentielle. Une histoire qui en réalité a commencé mardi sur RTL lorsque l’ancien Premier ministre a annoncé qu’il « serai[t] candidat de la majorité présidentielle et souhaite [s]’inscrire dans ce mouvement, considérant que : ce Parti socialiste est mort […] Il est derrière nous, pas son histoire et ses valeurs, mais il doit se dépasser  ». Valls a rapidement été recadré par les portes-paroles du nouveau président qui étaient plutôt méfiants quant à ce ralliement du ministre des plus impopulaires.
Puis le râteau s’est officialisé : la candidature de Manuel Valls pour La République en Marche aux législatives a été refusée nette par l’équipe d’Emmanuel Macron. Ainsi, la candidature de Manuel Valls a été tuée dans l’œuf par l’équipe de Macron, faute officiellement de « remplir les critères pour les demandes d’investiture ». Depuis les railleries fusent sur les réseaux sociaux. D’autant plus que des détails sur l’histoire sont sortis dans la journée. Selon Europe 1, Manuel Valls aurait contacté Jean-Paul Delevoye, président de la commission d’investiture d’En Marche !, pour plaider en faveur de son investiture. Mais il aurait rencontré des problèmes techniques…«  Jean-Paul, je ne comprends pas. Je clique, je clique sur votre site, mais ça ne marche pas… », lui aurait dit Manuel Valls.
Une humiliation dont personne n’est passé à côté et qui a été savamment pensée par Macron et son équipe. Pourquoi un tel râteau ? Pourquoi Macron ne veut pas de Valls ? Peut-être un air de vengeance ? Malgré les apparences, les quelques photographies où on les voit s’échanger une poignée de main et un sourire, les deux politiciens sont plutôt des frères ennemis. Et c’est au sein du gouvernement que l’histoire commence. Valls, alors Premier ministre, a tout tenté pour subordonner son ministre de l’Économie. L’objectif de Valls était de dépasser le PS en théorisant notamment la théorie des « deux gauches irréconciliables ». Macron, fils spirituel de Hollande, l’a doublé au finish. Au point qu’il est aujourd’hui obligé de réclamer, d’implorer même, pour les législatives le soutien du nouveau président, qu’il avait pourtant tant décrié lorsqu’il était candidat. Dès lors, ce choix de Valls de rallier Macron apparaît aux yeux de tous comme une reddition sans condition. Une défaite totale, même une humiliation.
Mais Macron n’a pas l’intention de s’encombrer de cela d’autant que Valls pourrait bien avoir l’envie, une fois à l’abri, de mener d’une fronde au sein de la majorité. Mais plus encore, avoir Valls comme candidat aux législatives pourrait être un repoussoir dans sa stratégie visant à s’ouvrir aux Juppéistes pour entraîner une dynamique de ralliement de députés centristes et LR vers son nouveau parti La République en Marche. Et l’enjeu de briser l’appareil des Républicains en deux est central dans l’objectif d’obtenir une majorité parlementaire sous sa bannière pour pouvoir gouverner, d’autant plus par ordonnances.

Mais la chute ne s’arrête pas là. Après s’être fait recalé par En Marche !, Valls a pris aussi une veste du côté du PS. Jean-Christophe Cambadélis a annoncé à la radio que Manuel Valls fait l’objet d’une « procédure » d’exclusion du parti, qui va se traduire par son déferrement prochain devant la commission des conflits. Une situation qui laisse Valls dans une impasse, isolé. Exclu des deux bords, si Manuel Valls devait être battu aux législatives, sous étiquette indépendante, sa traversée du désert, à 54 ans, pourrait durer longtemps. « Il joue sa peau. Il est fragile. Mélenchon est arrivé en tête dans sa circonscription. En s’affichant En Marche !, il essaie de se sauver. », rapporte un grand élu socialiste.

L’ascension des uns, la descente aux enfers des autres, les explosions et les recompositions, avec leurs lots de surprises, semblent être au rendez-vous pour les prochains mois. Dans tous les cas, pour Valls, ancien Premier ministre, c’est bien une double humiliation.




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