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Société

« Plus personne à la rue cet hiver » ? Mon œil !

« Il y a de la place ! » : Noël de combat pour Droit Au Logement

Une fois n'est pas coutume, ce que Macron avait annoncé ne s'est pas réalisé. Dans son discours à Orléans, le futur président avait déclaré que « d'ici la fin de l'année », il ne voulait « plus personne dans les rues, dans les bois ». Promesse non tenue, mais le DAL était présent lundi devant le ministère du Logement pour rappeler le président des riches à sa promesse

C’est un « Noël de combat » que le DAL a organisé ce 25 décembre sous les fenêtres du ministère du Logement pour dénoncer les promesses mensongères de Macron, l’augmentation du nombre de sans-abris et les situations impossibles que génèrent le mal-logement et la spéculation immobilière. Réunis à près d’une centaine, « des sans-logis, des mal-logés et des locataires » de la capitale ont manifesté avec leur banderole « la ville n’est pas le Monopoly », en référence au jeu « symbole de la spéculation immobilière » selon Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole du DAL. Sur la banderole était attachés des billets de 5 euros en référence à la baisse des APL votée cet été par le gouvernement Macron.

Quand on voit à quel point Macron et son gouvernement sont déterminés à casser le logement social, on est en droit de se demander si les belles paroles pleines de compassion pour les migrants et les plus démunis du candidat Macron ne sont pas tout simplement du vent : « D’ici à la fin de l’année, je ne veux plus personne dans les rues, dans les bois » ou encore « la première bataille : loger tout le monde dignement. Je veux partout des hébergements d’urgence. Je ne veux plus de femmes et hommes dans les rues ». Autant de phrases creuses dont le gouvernement actuel se lave les mains. D’autant qu’une circulaire ministérielle voulue par Macron autorise maintenant les flics à faire la chasse aux migrants jusque dans les foyers d’urgence.

Présente au rassemblement, l’actrice Marina Vlady a déclaré que le combat pour un logement digne doit continuer « à cause de toutes ces familles avec enfants dans la rue », ce dont les pancartes brandies par les manifestants attestent : «  Il tape les locataires. Il tape les HLM. Il soutient les nantis. C’est le président des riches et des nantis ». Dans le même ordre d’idée, Jean-Baptiste Eyraud a appelé à la démission de Jacques Mézard et de Julien Denormandie, respectivement ministre de la Cohésion des territoires en charge du logement et secrétaire d’État à la Cohésion des territoires, pour leur faillite totale dans l’application des promesses du président.

Le constat est, en effet, alarmant. Il y a actuellement 140 000 sans-abris en France, chiffre en augmentation, « alors qu’on n’a jamais eu autant de logements vacants », selon le porte-parole du DAL qui dénonce « politique criminelle » de la part du président et du gouvernement qui ne sert que la « cupidité » de « ses amis, les riches ». Les logements vacants ou inoccupés sont au nombre de trois millions en France et pourraient largement accueillir les personnes ayant besoin d’un logement en urgence. Ils y a 3,8 millions de mal-logés en France.

Bref échantillon d’autant de situations graves liées au mal-logement : Nafissatou raconte qu’elle vit à l’hôtel depuis cinq ans faute de pouvoir obtenir un logement et que cette situation a rendu son bébé malade « à cause des moisissures, des souris, des punaises dans la chambre ». C’est le même calvaire qui touche Fatoumata Konte qui raconte : « Depuis 2011, je change d’hôtel, on y est parfois pour trois mois, parfois pour deux jours... C’est pas propre, il y a de la moisissure, des punaises, des souris qui viennent manger la nourriture des enfants, mais on n’a pas le choix. Si tu veux avoir un endroit où coucher, tu dois accepter ces souffrances ».

Avec sa volonté d’en finir avec le logement social, le gouvernement Macron ne se cache pas de la guerre qu’il mène aux pauvres, à « ceux qui ne sont rien » comme les appelle le président, à l’image de ces mineurs isolés qui se réchauffent dans les tambours des machines à laver à Paris, et qu’il prive littéralement de logement en enfumant l’opinion avec de belles paroles.

[Crédit photo : Pierre Andrieu-AFP. Banderole déployée par le DAL à République, en 2015]




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