Politique

Luxe, calme et volupté

Ils coûtent combien les présidents ? Beaucoup trop !

Publié le 21 septembre 2016

Les vieux, ça coûte cher. C’est en tout cas ce que souligne un rapport confidentiel commandé par François Hollande et dévoilé par Mediapart. Les très sérieux Didier Migaud, pour la Cour des comptes, et Jean-Marc Sauvé, pour le Conseil d’État, parlent des vieux présidents. Au nombre de trois, à savoir VGE, Chirac et Sarkozy, ils nous coûtent la bagatelle de… 10,3 millions d’euros annuels !

Paul Tanguy

Des envies de vacances ? Une carte SNCF et Air France pour voyager en illimité en classe affaires et un logement garanti chez Monsieur l’Ambassadeur si vous êtes à l’étranger. Envie de faire un peu de route ? Une voiture de fonction avec deux chauffeurs et deux flics pour vous accompagner 24 h/24. Envie de jouer à la console ? Un bureau tout équipé et meublé mis à votre disposition dans la capitale. Problèmes de sous ? Jamais, avec une petite retraite de 65 000 euros brut par an. Envie de friandises ? Pas de problème, puisque la pension complémentaire du Conseil constitutionnel, où vous siégez de droit, vous offre en complément 14 400 euros mensuels. Une aumône.

Pour bénéficier de tous ces privilèges, il faut être passé par la case « Elysée ». À en croire que la nuit du 4 août n’est jamais arrivée et que la présidence, en France, est bel et bien une monarchie. Les anciens présidents de la République coûtent donc une fortune à ne rien faire et même Migaud et Sauvé, qu’on ne saurait taxer de dangereux gauchistes, recommandent, « dans un souci de modernisation, de transparence et de maîtrise de la dépense publique », de réduire légèrement le train de vie de ces Messieurs.

Faisant semblant de découvrir aujourd’hui le pot-aux-roses, alors qu’il fait campagne pour les primaires à droite, Bruno Le Maire souhaite encadrer les avantages humains et financiers qui sont accordés aux anciens présidents et surtout limiter ces derniers à dix ans. Le service de com’de l’ancien ministre de l’Agriculture essaye de faire passer la proposition pour une mesure ultra-révolutionnaire. Mais Le Maire, comme tous les autres, font en réalité partie du problème.

Ce ne sont pas seulement les émoluments que touchent les anciens présidents qui coûtent cher : c’est tout le fonctionnement de leur république, et le train de vie de Giscard, de Chirac et de Sarkozy n’est que le reflet des millions qui sont engloutis, tous les mois, en salaires de députés (5 514 euros de base), de sénateurs (11 000 et quelques euros de base), de conseillers et de maires de grandes villes. C’est l’expression de cette démocratie au service des riches dans laquelle on nous donne l’illusion de décider en mettant un bulletin dans une urne tous les cinq ans. C’est aussi le symbole de la rétribution versée aux politiciens pour leurs bons et loyaux services au service des riches.

Et Bruno Le Maire, lui, touche encore plus de 5 000 euros par mois en tant que député de l’Eure, ce qu’il pouvait cumuler, jusqu’à il y a peu, avec quelques remboursements reçus au titre de conseiller régional de Haute-Normandie.
La seule mesure qui devrait réellement être mise en application, est celle consistant à ce que l’ensemble des élu-e-s, à tous les échelons, puissent faire l’objet, à tout moment, d’un vote révocatoire, et surtout à ce qu’ils touchent l’équivalent du salaire d’un instit ou d’un ouvrier qualifié. Voilà qui devrait permettre, a priori, d’éviter d’oublier ou tout simplement leur permettre de savoir comment vit la grande majorité des foyers en France.

Valéry Giscard d’Estaing à 1700 euros net par mois ? ça devrait tout de même lui permettre d’entretenir sa particule.