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Politique

Dure rentrée politique pour le gouvernement

Impopularité record pour Macron, Philippe n’est plus épargné

La rentrée politique est particulièrement difficile pour l'exécutif, entre démissions surprises de ministres, hésitations sur les réformes à mener, et popularité en baisse continue, moins d'un quart des personnes interrogées se déclarent désormais satisfaites par l'action du gouvernement.

La semaine a été agitée pour le gouvernement. Après la démission surprise de Nicolas Hulot et celle de Laura Flessel, soupçonnée de fraude fiscale, la semaine noire continue tous les sondages d’opinion montrent la plus faible popularité de son mandat pour le président des riches ; Edouard Philippe, jusqu’alors relativement épargné, est lui aussi durement touché.

En effet, un sondage Ifop publié mardi indiquait que la part des Français qui continuaient d’approuver la politique du chef de l’Etat avait fondu à 31%. Des opinions favorables qui chutent même à 23% si l’on en croit une enquête de YouGov, réalisée conjointement pour le Huffington Post et CNews, publiée jeudi. C’est 1% de moins qu’Edouard Philippe, lui aussi en chute libre.

Cette évolution s’observe au sein de toutes les tendances politiques, mais elle est particulièrement marquée au centre, ce qui est loin d’être anodin. Ces derniers sont ainsi 7% de moins à soutenir le président qu’il y a un mois, et 12% pour le chef de l’exécutif.

Macron contre-attaque

Face à cette situation, le président n’est pas resté les bras croisés. Mercredi, il a ouvert le début du conseil des ministres à la presse, afin de montrer un nouveau gouvernement en ordre de marche, avec les deux arrivants :
En déplacement au Luxembourg le lendemain, il a semblé vouloir mettre de l’eau dans son vin, lui qui a toujours cherché à gouverner comme il l’entendait. Il s’est d’abord dit « à l’écoute des Français », ajoutant : « lorsqu’on est à l’orée de prendre une décision sur des sujets importants, il faut toujours écouter nos concitoyens ». Des déclarations qui semblent faire suite à celles de Gérard Collomb, qui appelait l’exécutif à « faire preuve d’humilité » pour ne pas se détacher des préoccupations des Français.

La preuve d’un changement de cap pour la Macronie ? Pas vraiment. Plutôt changement de méthode que changement de stratégie.

Le président des riches s’est en effet montré déterminé à maintenir une posture de maitrise malgré les affaire qui ont écorné son image, et ce malgré les difficultés et les résistances. « Cet esprit d’écoute, cette considération pour nos concitoyens, leurs inquiétudes légitimes, ne doit en rien entraver le cœur du mandat qui m’a été donné par les Français qui est de transformer en profondeur la France. Ecouter, ce n’est pas céder à l’esprit du temps. » Dès mercredi, Edouard Philippe avait déclaré : « Nous allons maintenir le cap et l’intensité des transformations », preuve de la volonté du gouvernement de montrer qu’il garde le cap et ne se laisse pas déstabiliser alors que Macron est plus affaibli que jamais.

Le léger remaniement, auquel a été contraint le gouvernement, va par ailleurs dans ce sens : maintenir une posture inflexible, rassurer sur la capacité à mener les réformes, refermer au plus vite la crise ouverte par l’affaire Benalla et nommer des ministres loyaux au macronisme afin s’assurer une sécurité pour la suite alors que le gros des réformes reste à venir. Comme le résume un édito des Echos : « Dans cette rentrée confuse, le chef de l’Etat essaie de changer de méthode pour mieux sauver sa capacité à réformer... Car le nouveau Macron ne vaut que si cela lui permet de faire oublier cette rentrée ratée et de relancer une machine enrayée. » Toujours selon cet édito des Echos, il s’agit pour Macron de « choisir la sécurité pour ne pas avoir à dévier de cap, tenir plutôt que courir. »

Un revirement qui fait notamment suite aux critiques adressées par l’opposition, qui fustige de plus en plus la posture d’un gouvernement centré sur lui-même, et d’un président toujours aussi jupitérien. En effet, l’affaire Benalla a révélé un pouvoir qui fonctionne de manière clanique, mettant à nu les faiblesses structurelles du macronisme. Cette nouvelle dégringolade dans les sondages atteste de la fin de l’invincibilité pour Macron.

Crédits photos : SIPA




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