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Politique

Ils vivent au-dessus de nos moyens

Indécence. Quand un député veut augmenter les salaires des parlementaires pour en finir avec la corruption...

Selon le député UDI de la Marne et ancien président de la commission sur l'affaire Cahuzac, Charles Courson, il faut augmenter les salaires des parlementaires pour « les mettre à l'abri de toute tentation ». Ce sont les propos qu'il a tenu lors d'une intervention sur Europe 1 ce vendredi. Le sujet avait été lancé par Julien Dray, ancien parlementaire socialiste de 1988 jusqu'à 2012 et cofondateur de SOS racisme, lors d'une interview au journal Le Point publié jeudi dernier, et dans lequel il affirme : « Soyons sérieux, si on veut régler le problème de la corruption, un député à besoin de 9000 euros net par mois ». Ainsi, en fin de compt,s si les politiciens sont corrompus, c'est à cause de leur « bas salaire » qui est aux alentours...de 5500€ net par mois. En sachant qu'en France un ouvrier gagne aux alentours de 1700 en moyenne... mesdames et messieurs, cherchez l'erreur...

Les propos de Julien Dray ont fait le tour de plusieurs médias et ne finissent pas de choquer une partie de l’opinion publique. Selon lui, le problème de la corruption des parlementaires ne viendrait pas de la nature du système économique et de l’idéologie qui en découle, mais plutôt des bas salaires touchés par les parlementaires. Le député UDI à surenchérit en disant qu’un salaire de 5500 euros « ne permettrait pas aux parlementaires de vivre décemment ». Autrement dit, cela voudrait dire que le 97% de la population en France n’arriverait pas à vivre décemment, car 97% de la population touche un salaire de moins de 5500 euros par mois.

Selon lui, l’augmentation de salaire suivrait un durcissement des contrôles, notamment sur le plan des frais professionnels, l’interdiction que les parlementaires ne puissent pas embaucher des membres de la famille, et que les collaborateurs ou assistants parlementaires des élus soient rémunérés par les administrations des assemblées, au lieu d’être embauchés sous un contrat de droit privée. Les députés n’auraient plus donc la main mise sur les enveloppes à redistribuer comme c’est le cas à l’heure actuelle, pour limiter la marge de manœuvres pour les « magouilles en interne »...

Leur politique : augmenter le salaire des parlementaires et baisser ceux des travailleurs

 
Mais pourtant, depuis 2013, on voit une nette tendance à la baisse de salaires autant dans le secteur public que dans le privé. Cette baisse est une conséquence des politiques à l’encontre des classes laborieuses en démantelant le code du travaille, la recherche de la compétitivité, la « flexibilisation » des contrats et les politiques d’austérité. Le chômage grandissant, les fermetures et délocalisation des entreprises à la recherche d’une main d’oeuvre plus compétitive dans les pays de l’Europe de l’est, nord de l’Afrique ou l’Asie. Alors si la caste politicienne a besoin de 9000 pour vivre dans la dignité et pour éliminer l’absentéisme (5500 euros par mois ne donne apparemment pas envie d’aller travailler, puisque le taux de présence des parlementaires est de 20%), quel est le salaire que devraient toucher les familles de travailleuses/mères isolées ? La discussion prend un ton de tragédie grecque : voir les politiciens pleurer de leurs salaires pour donner des justifications à leur corruption démontre le niveau de décomposition de la caste politicienne...

Face à cette décomposition, il faut défendre les consignes démocratiques hérités de la commune de Paris : Électivité et révocabilité des élus à tout moment, sièges tournantes et les salaires des élus au même niveau que les salaires des ouvriers moyens, contre ces élus qui deviennent une caste bureaucratique à solde de la classe patronale.




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