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La plus vraie des fake news ?

Ingérence russe : Trump toujours dans l’œil du cyclone

Les soupçons d'ingérence russe sur la campagne présidentielle de 2016 et sur les élections législatives américaines en 2018 se font de plus en plus pressants. La CIA redoute une menace de la part du Kremlin tandis que le numéro deux du FBI démissionne, quelques mois après le limogeage de James Comey, ex-patron du bureau d'investigation.

La présidence de Donald Trump soulève, depuis ses débuts, un parfum d’ingérence russe. Sans pourtant remettre en cause la légitimité du président, la CIA accuse la Russie d’avoir interféré dans le cours des élections en 2016 et assure que ces « activités » se poursuivent, notamment en vue des législatives de cette année, d’après les propos Mike Pompeo, directeur de la CIA. Confiant dans sa capacité à assure des « élections libres et équitables », le directeur de l’agence de renseignement n’en concède pas moins que les russes seraient derrière la fuite de emails de Clinton sur les réseaux sociaux.

Les propos rapportés par Mike Pompeo dans le cadre de la l’enquête du procureur Mueller, chargé de faire la lumière sur une possible collusion entre l’équipe de campagne de Trump et des hackers russes liés au Kremlin, relancent la polémique autour des liens pour le moins suspects que le président entretient avec Moscou. Même si le président des États-Unis crie au fake news et que le Kremlin dément formellement ces accusations, il n’en reste pas moins que les relations tendues entre la Maison blanche et le FBI, un temps chargé de l’affaire, montrent que l’administration Trump n’aime pas qu’on remue de ce côté-ci.

Après le limogeage de James Comey, patron du FBI, au prétexte fallacieux qu’il aurait mal géré l’affaire des emails, Trump voit, le jour même où le chef de la CIA s’exprime sur l’affaire, le numéro deux du bureau d’investigation démissionner. Andrew McCabe, proche de Comay et des démocrates, se retire de l’enquête et de ses fonctions après des mois de critiques de la part du président et des Républicains. Ces derniers, pour le faire céder, ont voté pour la déclassification d’un rapport confidentiel où le FBI se voit accusé d’avoir commis des abus sur son droit a la surveillance des activités d’espionnage étranger.

Mais si ce RussiaGate qui tourne autour de Trump a pu le déstabiliser parfois lors de la première année de son mandat, il se pourrait bien qu’il en sorte blanchi. En effet, malgré les aveux de Rick Gates, membre de la campagne Trump, et de George Papadopoulos, conseiller en politique étrangère pendant la campagne Trump, dans le cadre de l’enquête du procureur Mueller, Trump reste toujours hors d’atteinte. Même si les élections de mi-mandat risquent fort de constituer un revers pour les Républicains, cela ne veut pas dire que les démocrates réussiront à mener à bien une procédure de destitution. Comme l’analyse le spécialiste des États-Unis, Jean-Éric Branaa, les nouveaux représentants « risquent de donner aux électeurs ce pourquoi ils seront élus : une procédure de destitution. Procédure qui sera stoppée au Sénat, par des élus plus expérimentés ».

Les menaces de destitution qui planent sur Trump ne se sont pas évanouies mais force est de constater que les démocrates sont en bien mauvaise posture pour réaliser leur projet. Si Trump parvient à se faire innocenter, il pourrait user de sa rhétorique sur les fake news et se victimiser dans l’optique d’un second mandat.

Crédits photo : AFP




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