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Politique

Après la suspension...

Injures racistes : le vice-président du FN Jeune démissionne

Suspendu dimanche après des injures racistes et nauséabondes à l'égard d'un vigile de boite de nuit, David Rodriguez, l'homme venu perturber, en marge du congrès du FN, la stratégie de dédiabolisation opérée par le parti, s'est vu obliger de démissionner.

Photo : capture d’écran / Huffington Post

Suspendu dimanche par son parti après avoir proféré des injures racistes et haineuses à l’encontre d’un videur d’une boite de nuit : « espèce de nègre de merde, sale noir, singe, tu n’as pas d’éducation… », David Rodriguez, assistant parlementaire de Sébastien Chenu et vice-président du FNJ (Front national de la jeunesse) a annoncé dans la foulée sa démission via un communiqué. Il dénonce cependant toujours une « vidéo tronquée », adoptant une position victimisante et jouant à celui qui ne se rappelle pas avoir tenu ces propos :

« Je suis horrifié des propos choquants qu’on m’y attribue et que je condamne fermement. […] Même si cette vidéo tronquée ne montre pas les incidents de la nuit, il est évident que rien ne saurait justifier de tels propos, si je les ai tenus, et qu’ils sont à l’opposé de tout ce en quoi je crois. En tout état de cause, ne souhaitant pas causer de tort au parti pour lequel j’ai eu l’honneur de militer, je démissionne dès ce jour de toutes mes activités politiques », exprime-t-il dans son communiqué.

En réaction à cette démission, Marine Le Pen a affirmé, lors de son passage sur LCI, que « c’était la moindre des choses », souhaitant afficher une ligne faussement intransigeante et dure. Une intransigeance et une fermeté de façade, Marine Le Pen poursuivant ainsi : « Je suis par ailleurs très heureuse d’avoir entendu le vigile venir expliquer ce matin à la radio que l’ensemble de ceux qui étaient avec lui sont venus s’excuser, présenter leurs excuses, auprès de ce videur, et c’est ça peut être ça que j’ai envie de retenir », tout en mettant l’accent sur l’état d’ébriété de David Rodriguez. Une position qui tend à minimiser la violence des propos tenus et des effets que le racisme, et toutes les formes d’expression qu’il prend, que ce soit des agressions physiques mais également verbales (injures, moqueries..), ont sur les personnes qui le subissent.

On ne peut face à ces agressions racistes avoir pour unique réaction celle de se féliciter des excuses tenues par l’entourage de ces auteurs. « Vouloir retenir cela », comme l’évoque Madame Le Pen, revient à invisibiliser l’acte raciste, invisibiliser cette oppression, minimiser son existence, ses effets, et de ce fait la nécessité de la combattre. Contrairement à Madame Le Pen, on peut fort parier que ce ne sont pas ces excuses, tenues par la garde rapprochée de ce cadre FN, que le vigile victime de cette déferlante raciste et haineuse a retenu ! Après les faits ce dernier avait déclaré : « [Ses amis] m’ont dit qu’il ne venait pas de Lille, qu’il était méditerranéen et qu’il était un peu bourré. Mais même s’il est bourré, ce n’est pas pour autant qu’il va me traiter comme un sous-homme. ».

Cette énième affaire de violences racistes commises par des membres du Front National, qui plus est non pas par de simples militants mais par des cadres politiques, démontre une fois de plus que la stratégie de dédiabolisation que le parti tente actuellement d’opérer n’est qu’un écran de fumée, et que le FN, autant du point de vue de ses militants, de ses cadres et représentants politiques, que de celui de son orientation politique, est toujours un parti profondément réactionnaire, raciste, sexiste et homophobe. Lors du congrès, se dessinait en effet une ligne xénophobe et raciste beaucoup plus affirmée que ces derniers temps, avec un recentrage sur les questions identitaires, du fait de la volonté et du pari de capitaliser sur le mouvement populiste qui gagne du terrain à travers le monde, comme en a témoigné la venue de Steve Bannon.




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