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Politique

Déjà exclu, il s'y remet !

Intervention de l’armée ? Chalençon continue à parler au nom des Gilets jaunes : il faut l’exclure définitivement !

Ce 23 décembre, Christophe Chalençon, qui se présente comme un des leaders des « Gilets Jaunes libres », le mouvement créé par Benjamin Cauchy et lié à Debout la France, a appelé à la mise en place d'un « gouvernement de transition », si besoin dirigé par les militaires...

La vidéo, publiée ce 23 décembre, fait polémique, et pour cause : Christophe Chalençon, qui se présente comme l’un des leaders du mouvement des « Gilets Jaunes libres » de Benjamin Cauchy, membre du parti d’extrême-droite "Debout la France" de Dupont-Aignant, en appelle ni plus ni moins à l’intervention de l’armée pour la mise en place d’un « gouvernement de transition ». Mais que faut-il comprendre de ces formulations ?

La vidéo s’adresse à Macron et le postulat est simple : le « président des riches » n’aurait d’autre choix que procéder lui-même à une période de transition, afin de répondre aux aspirations légitimes des Gilets Jaunes, pour éviter la « guerre civile ». Mais attention, il ne faut pas s’y méprendre. Si en apparence, ce dernier se place du côté du mouvement, en toile de fond, il faut lire le soutien inconditionnel aux forces de répression qui, de samedi en samedi, mutilent des centaines de manifestants ainsi que la volonté explicité d’un un retour à l’ordre, afin de mettre un terme à l’offensive contre le gouvernement menée depuis des semaines par les Gilets Jaunes. C’est ici que les « solutions » de l’extrême-droite s’affichent au grand jour : si Macron ne cède pas, Chalençon en appelle à l’armée tout simplement pour effectuer un putsch militaire afin d’écraser la mobilisation. Une menace ouverte pour préserver les fondements d’un système largement remis en cause, à échelle de masse, depuis le 17 novembre dernier.

Dans la lignée de Benjamin Cauchy, ancien porte-parole auto-proclamé du mouvement avant d’être largement désavoué par les Gilets Jaunes eux mêmes, Chalençon se pose en « défenseur du peuple » pour mieux poignarder le mouvement dans le dos. L’illustration parfaite du poison que l’extrême-droite représente pour le mouvement des Gilets Jaunes et qu’il convient de combattre ouvertement et sans concessions. En effet, il faut bien comprendre que lorsqu’il explique que "c’est aux militaires d’entrer en jeu" c’est l’affirmation pure et simple de la nécessité qu’un régime militaire prenne le pouvoir et empêche la mobilisation d’aller plus loin. Cette perspective avait déjà été évoquée par Chalençon lorsqu’il avait réclamé, le 3 décembre dernier, "un véritable commandant" à Matignon, comprendre, le remplacement d’Edouard Philippe par le général de Villiers, ex-chef d’état-major des armées limogé par Emmanuel Macron.

Dans ce contexte, il est urgent que les Gilets jaunes, ceux qui font la mobilisation au quotidien, sur les ronds-points, les péages et dans la rue chaque samedi prennent leur affaires en main et décident pour eux-mêmes de la société pour laquelle ils se battent. Chalençon et son projet de gouvernement militaire est une solution putschiste ultra-réactionnaire à la crise ouverte par la mobilisation. A l’image de tous ces portes-paroles auto-proclamés, il ne mérite pas de parler au nom du mouvement et ses revendications doivent être dénoncées. Ce Chalençon ne représente que lui-même et n’a pas sa place dans nos rangs, qu’il en sorte définitivement !




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