Jeunesse

Rapport accablant de l’UNICEF sur les jeunes migrants

Invisibilisés, près de 50 millions de mineurs déracinés

Publié le 7 septembre 2016

L’Unicef a publié le 7 septembre un rapport intitulé « It’s about child », dénonçant la situation de plus en plus alarmante des enfants migrants dont le nombre ne cesse d’augmenter. En effet d’après ce rapport, « près de cinquante millions d’enfants ont traversé les frontières ou ont été déplacés de force ».

Migrations et déplacements forcés de mineurs, un phénomène qui prend de l’ampleur

Dans ce rapport, l’Unicef met en avant le nombre croissant de mineurs contraints de quitter leur pays, afin de fuir la misère, les guerres et les divers conflits auxquels ils sont confrontés. Malgré l’invisibilisation de ce phénomène, les chiffres nous ramène à la triste réalité : « 31 millions d’enfants vivent en dehors de leurs pays de naissance, dont 11 millions sont des réfugiés et demandeurs d’asile et 17 millions supplémentaires ont dû migrer à l’intérieur même de leurs pays pour échapper aux violences et aux conflits ».

Des associations prenant en charge le suivi des migrants tirent également la sonnette d’alarme comme France Terre d’Asile qui, elle, met l’accent sur l’accroissement du nombre de mineurs isolés étrangers, les MIE. En effet, pour des raisons économiques, il s’avère que la majorité des mineurs quittant leur pays le font seuls, ce qui les place davantage dans une situation de vulnérabilité. Dans le contexte français, ce phénomène s’exprime notamment à Calais, où le nombre de mineurs isolés étrangers ne cesse de croitre. Mais ce phénomène reste fortement invisibilisé, du fait de l’absence de suivi des mineurs par les autorités des différents pays « d’accueil », qui condamnent et criminalisent ces migrations bien que les traités internationaux devraient les obliger à protéger les MIE sur leur sol.

Isolement, vulnérabilités et conditions de vies déplorables

A travers ce rapport, l’Unicef entend également attirer l’attention sur les conditions déplorables des enfants qui ont été dans l’obligation de quitter leur pays, se retrouvant dans une situation de vulnérabilité importante. Du fait de la fermeture des frontières et du durcissement des politiques migratoires, la seule solution qui s’offre à eux : un périple dangereux, très difficile à supporter, physiquement ainsi que psychologiquement et qui a malheureusement déjà coûté de nombreuses vies... Une fois arrivé dans les « pays d’accueil », leur statut de mineur n’est bien souvent pas pris en compte. C’est notamment le cas en France, où l’accueil des mineurs isolés étrangers est problématique, leurs droits n’étant pas toujours respectés. En effet malgré le principe de « protection de l’enfance en danger » provenant de la Convention internationale relative aux droits de l’enfant, certains enfants sont placés en zone d’attente, d’autres en centre de rétention administrative, et ce malgré la condamnation de Paris par la Cour Européenne des Droits de l’Homme pour rétention de mineurs en juillet dernier.

Certaines associations ou collectifs comme France Terre d’Asile ou la BAAM dénoncent également les série de violations des droits des enfants. C’est ainsi qu’en ce début de mois de septembre, afin de protester contre la situation d’enfants étrangers privés de leur droit à la scolarité, plusieurs associations se sont rassemblées devant l’Hôtel de ville, à Paris.

A l’instar des migrants adultes, les enfants se retrouvent confrontés aux politiques migratoires de plus en plus restrictiveset sont également soumis aux traitements déshumanisants et racistes que subissent les migrants aujourd’hui. En effet les mineurs étrangers, bien souvent oubliés et invisibilisés, se fondent parmi les adultes, subissant les mêmes réalités : les difficultés économiques et sociales, les camps et leurs démantèlements, la répression et la violence policière, le traitement raciste et néocolonial de l’Etat, les institutions et administrations étatiques et leur lots de violences, notamment symbolique.

De plus ces derniers sont, du fait de leur plus jeunes âges et de leur isolement, davantage confrontés à la traite des êtres humains ainsi qu’à l’exploitation de leur force de travail, et ce également à l’intérieur des camps de migrants.

Afin d’améliorer la situation de ces jeunes migrants, l’Unicef a adressé aux pouvoirs publics français et britanniques des recommandations, mais peut-on espérer que nos gouvernements et leurs politiques guidés par leurs propres intérêts, et non pas par les droits et besoins des enfants réfugiés et migrants, amélioreront la réalité de ces derniers ? Evidemment non. Les politiques migratoires et leur durcissement continuel le démontrent.