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Société

Boycott, désinvestissement, sanctions

Israël interdit sept responsables politiques français d’entrer sur le territoire

La répression contre le mouvement Boycott, désinvestissement, sanctions (BDS) qui invite à sanctionner la politique coloniale de l’État d'Israël n'en fini pas. Récemment, ce sont sept responsables politiques français qui se sont vu interdire l'entrée sur le sol israélien en raison de leur soutien supposé au mouvement international BDS. Gilad Erdan, ministre de la sécurité publique israélien, affiche clairement sa volonté de faire taire toute contestation de la politique d'Israël.

Pas moins de sept responsables politiques français dont Pierre Laurant, secrétaire national du PCF, et Clémentine Autain, députée LFI, ainsi que d’autres membres de LFI, du PCF et des Verts se sont vu interdire l’entrée sur le sol israélien avant qu’ils ne s’y rendent. Motif d’une telle interdiction ? Leur prétendu soutien au mouvement Boycott, désinvestissement, sanctions qui dénonce depuis des années la présence israélienne en Cisjordanie. Un motif qui par ailleurs étonne Pascal Durand, l’un des sept élus visés, qui a en effet affirmé suite à l’évocation du mouvement BDS : « Je n’ai jamais participé à ça ».

Depuis 2016, le gouvernement Nétanyahou montre la volonté de criminaliser ce mouvement et plus généralement toute contestation de la politique de l’État hébreux. Le ministre de la sécurité publique israélien, Gilad Erdan, dénonce dans ce mouvement « une menace pour tous ceux qui se soucient de démocratie, de droits de l’homme et d’une paix israélo-palestinienne viable ». Surjouant la démocratie alors que la politique de colonisation de l’État d’Israël sur le territoire palestinien n’en fini pas, le régime d’apartheid a décidé de « passer de la défense à l’attaque » contre « les partisans du BDS avant même qu’ils ne viennent en Israël, en fonction de leurs agissements et de leurs propos aux États-Unis ou en Europe », selon l’entourage du ministre. Comme le souligne Pascal Durand, d’EELV, une telle situation était encore inimaginable il y a quelques mois en vertu de l’« accord d’association entre l’Union européenne et Israël ».

Cette interdiction intervient quelques jours avant la visite en Israël d’une délégation française chargée d’aller dans les territoires palestiniens occupés et d’aller inspecter les geôles où sont enfermés les prisonniers de sécurité palestiniens. Les députés et responsables politiques français devaient notamment rendre visite à Marouane Barghouti, leader de la grève de la faim victorieuse à laquelle plus de 1000 prisonniers palestinien ont participé -, et à Salah Hamouri, militant franco-palestinien retenu en détention administrative depuis 6 mois sans justification -. Deux personnalités dont le combat contre l’État d’Israël embarrasse la première « démocratie » du proche-Orient.

Les députés de La France insoumise qui devaient se rendre sur place ont condamné ce qu’il convient bien d’appeler un « déni de démocratie et de liberté [...] aussi consternant qu’inacceptable ». Cette interdiction d’entrée sur le territoire constitue un pas en avant de plus vers la criminalisation du boycott et de l’appel au boycott, que l’État d’Israël voudrait promulguer après avoir, en mars dernier, voté l’interdiction de séjour à tout ressortissant étranger soutenant les sanctions ou le boycott contre l’État hébreux ou les colonie de Cisjordanie.

Ce nouvel épisode marque un tournant de plus en plus autoritaire et une volonté de plus en plus ouverte de faire taire toute contestation d’un État prétendument démocratique mais qui en réalité organise une colonisation violente contre les palestiniens.

Crédits photo : citizenside.com




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