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Italie : 50 réfugiés s’enfuient d’un centre d’accueil, Salvini se déchaîne

Selon le Parisien, plus de 50 migrants du bateau « Diciotti » avaient été transférés dans le centre d’accueil de Rocca di Papa ont quitté le lieu et sont aujourd’hui disparus sans laisser de traces. Une occasion pour Matteo Salvini, ministre de l'Intérieur, de déballé toute sa réthorique réactionnaire et xénophobe.

Crédits photo : ORIETTA SCARDINO / AP

Secourus par le navire des gardes-côtes italiens « Diciotti » dans la nuit du 15 au 16 août, les 173 réfugiés ont été bloqués pendant plus de dix jours par Matteo Salvini, le ministre de l’Intérieur italien, figure de proue de l’extrême droite transalpine. Contraint de céder suite à une décision de justice, qui a ouvert une enquête pour « séquestration de personnes » et « abus de pouvoir », les réfugiés ont finalement pu débarquer sur le sol italien.

29 mineurs ont donc d’abord débarqué à Catane en Sicile, puis les 144 majeurs qui étaient à bord ont trouvé réfuge à Rocca di Papa, ou encore dans des centres d’accueil à Messine. Ce mercredi 8 septembre, une cinquantaine de ces réfugiés se sont enfuits de ces centres d’accueil.

C’est le Palais du Viminal, ministère de l’Intérieur, qui a annoncé la disparition de ces migrants, dont entre autre six personnes le premier jour de transfert dans les centres d’accueil, deux de plus le 2 septembre, 19 autres le jour d’après, et 13 le 4 septembre.

Une bonne occasion pour Salvini de faire étalage de ses plus belles envolées xénophobes, sur son réseau social de prédilection : Tweeter : « Plus de 50 des immigrés débarqués du « Diciotti » avaient tellement besoin de protection, d’un toit et d’un couvert qu’ils ont décidé de s’en aller et de disparaître ! C’est l’énième confirmation que tous ceux qui arrivent en Italie ne sont pas des squelettes qui fuient la guerre et la faim » il ajoute en plaisantant « Mais je n’étais pas censé les avoir séquestrés ? ». Il promet ensuite qu’il travaillera sans relâche à changer ces lois « mauvaises » et stopper l’immigration.

Dans cette entreprise xénophobe, Salvini peut compter sur de fidèles lieutenants. Ainsi, Stefano Candiani et Nicola Molteni, sous secrétaires du ministère de l’Intérieur, voient dans cette affaire "la preuve que ceux qui débarquent en Italie ne s’échappent pas toujours de la faim et de la guerre, malgré les mensonges de la gauche et de ceux qui utilisent les immigrés comme business". Tout un programme...

Les gesticulations et déclarations nauséabondes de Salvini et sa clique peinent à masquer la réalité sordide de ce que les médias dominants appellent « crise migratoire ». Fuyant la guerre et la misère, frolant la mort dans la traversée de la méditerranée, les réfugiés ne trouvent en Europe que la séquestration, d’abord sur des bateaux, puis dans les centres d’accueil. Car c’est bien tout ce que l’Union Européenne, des soi-disants « progressistes » à la sauce macron aux réactionnaires décomplexés comme Salvini, ont à proposer pour faire face à l’urgence de la situation. Tout au contraire, c’est bel et bien par l’accueil de l’ensemble des migrants, l’obtention de papiers, de la liberté de circulation et d’installation pour toutes et tous qu’il est possible d’ouvrir une alternative progressiste. Une alternative qui n’est possible que par la mise en marche du mouvement ouvrier dans son ensemble, à échelle européenne, s’opposant aux politiques migratoires réactionnaire de l’ensemble des gouvernements du continent. De la loi Asile et migration en France aux séquestration de Salvini en Italie.




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