^

Monde

Ping-pong avec les migrants

Europe forteresse. Salvini joue à la surenchère anti-migrant

Quand les politiciens réactionnaires jouent au « ping-pong » avec les vies des migrants et en font leur fonds de commerce politicien.

Le Ministre de l’intérieur italien, Salvini, a accusé la Vallette (Malte) d’avoir facilité l’arrivée d’une embarcation de migrants à Lampedusa ce dimanche 11 novembre. Après les réponses et les contre-accusations du gouvernement Maltais, Salvini a sollicité l’intervention de Bruxelles en menaçant de bloquer les budgets européens.

Ce dimanche, au Viminal, siège du ministère de l’intérieur italien, Salvini, leader de la Ligue (extrême droite) a mis en cause la Vallette (Malte) d’avoir fourni à une embarcation de 13 migrants « eau, gilets de sauvetage, essence et boussole » et de les avoir escortés environ une heure pour arriver jusqu’à l’île de Lampedusa (Italie). Selon une source du Viminal, l’embarcation arrivée à Lampedusa vendredi matin avait en fait été interceptée la nuit précédente par les gardes-côtes maltais dans la zone de recherche et de secours (SAR) maltaise et qui, au lieu de ramener au sûr les personnes à bord, ont fourni une boussole pour indiquer la route pour l’Italie.

En conjurant un « acte hostile d’un autre pays de l’Union européenne », Salvini remémore l’incident survenu courant octobre à la frontière italo-française : il avait déjà dénoncé « une offense sans précédent » après une incursion de la gendarmerie française pour déposer des migrants de l’autre côté de la frontière italienne, à une dizaine de mètres, dans la ville de Clavière. Dans cette affaire, Macron avait reconnu « une erreur » de la part de ces gendarmes qui ne connaissaient semble-t-il pas bien la région, mais avait tout de même dénoncé une « instrumentalisation politique » par Salvini.

Les relations entre Rome et Paris ainsi que la Vallette se sont vraisemblablement tendues ces derniers mois. Salvini accuse ses partenaires européens d’avoir laissé l’Italie gérer seule la crise migratoire depuis 2013. « Menteurs. Au gouvernement en France et à Malte il y a des menteurs et à la Commission européenne il y a des distraits » a-t-il déclaré hier.

Michael Farrugia, ministre maltais de l’intérieur, à son tour, reproche à Rome de ne « pas avoir répondu aux obligations internationales et aux conventions relatives à la zone de recherche et de secours ». Salvini a rétorqué que l’Italie avait accueilli « 700 000 immigrés au cours des dernières années. Personne ne peut se permettre de nous donner des leçons, Malte encore moins. »

À tout ce qui, pour Salvini, s’agit de provocations, il fait un nouveau pas dans son bras de fer avec l’Union Européenne : il déclare dimanche à Milan « Nous avons démontré que nous savons défendre nos frontières et nous démontrerons que, éventuellement, nous pouvons aussi bloquer les budgets et les activités européennes tant que l’Europe et certains pays continueront à se moquer des Italiens ».

Face à ces altercations inter-nationales ou litiges européens, on observe qu’il y a une réelle déresponsabilisation collective de la prise en charge des migrants, premiers véritables témoins de l’impérialisme de l’Union Européenne, qui pille les matières premières et exploite à moindre prix la main d’œuvre étrangère.

Face à la montée de l’extrême droite partout dans le monde, qui se profile récemment par l’élection de Bolsonaro au Brésil, mais encore Salvini lui-même, ou encore Trump, personnages incarnant la xénophobie, le racisme, le sexisme, et promulguant toutes les discriminations existantes pour hégémoniser tous ces discours réactionnaires, il est nécessaire que nous intervenions et que nous nous mobilisions en faveur de l’accueil des immigrés et contre l’impérialisme.




Mots-clés

Matteo Salvini   /    Italie   /    Réfugiés   /    Immigration   /    Monde