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Monde

Tant qu'on ne touche pas à la dette, la bourgeoisie dort sur ses deux oreilles

Italie : Le ministre de l’Intérieur, Matteo Salvini appelle les migrants à "faire les valises"

« La planque, c'est fini. Les clandestins doivent faire leurs valises et partir dans le calme ». Voilà les termes ignobles avec lesquels Matteo Salvini, le dirigeant de Ligue du Nord (parti d'extrême-droite), et actuel ministre de l'Intérieur d'un gouvernement de coalition – finalement – formé avec le mouvement Cinq étoiles, s'est adressé aux migrants littéralement concentrés dans des camps en Italie. Alors que 48 migrants sont morts, encore une fois, aux portes de l'Europe, en pleine Méditerranée, c’est un agenda encore plus réactionnaire, raciste, et nationaliste qui est au rendez-vous en Italie.

Tout sauf la dette !

Ce dimanche, au cours de son déplacement en Sicile, terre « d’accueil » des migrants en Italie – la plupart reste concentré dans des camps où vivent une vie de clandestin criminalisé en Italie, quand ils ne meurent pas dans l’indifférence générale en Méditerranée – Matteo Salvini a enjoint aux migrants de « faire leur valise », les qualifiant de parasites, ameutant sa troupe de fervents racistes, cela n’a, par ailleurs, pas fait frémir le moins du monde les « marchés financiers ».

Déporter des êtres humains victimes de la guerre ? Les marchés n’ont pas tressailli d’un pouce.

Une Union Européenne première responsable

La grave crise migratoire qui touche l’Europe est le produit de guerres menées par les puissances impérialistes qui ont profondément déstabilisé le Moyen-Orient. Ainsi, la plupart des personnes qui arrivent par l’Europe fuient les guerres en Syrie ou en Iraq, les autres, n’ayant pas eu la chance ou la possibilité de fuir, subissent les bombardements de régimes dictatoriaux et réactionnaires. Le reste des migrants qui empruntent les routes illégales à destination de l’Europe se compose d’Afghans, de Turcs, Pakistanais, de Kosovars ou encore d’Albanais.

Ce sont, en définitive, les politiques xénophobes des gouvernements d’Europe centrale qui ont alimenté la rhétorique ultra-réactionnaire de nombre de partis d’extrême-droite en Europe, accusant les migrants de tous les maux, révélant, en filigrane, les contradictions qui s’ouvrent au sein de l’Union Européenne. De toute part des murs sont érigés entre pays européens et des gouvernements comme celui d’Orban effectuent une véritable traque aux migrants.

Pour « résoudre » ce problème, la principale réponse de l’Union Européenne a consisté à établir un accord avec le régime d’Erdogan. En échange d’une aide de six milliards d’euros, Erdogan gardait enfermés les migrants dans des camps en Turquie, les empêchant ainsi de rejoindre l’Europe. L’Union Européenne s’est félicitée de voir que le taux de migrants atteignant l’Europe avait drastiquement chuté à la suite de cet accord ultra-réactionnaire.

Loin de résoudre quoique ce soit, celle-ci n’a fait que donner encore plus de grain à moudre aux partis d’extrême-droite, et accorder à Erdogan un poids décisif de négociation contre l’Union Européenne. Enfin, la situation de plus en plus chaotique au Proche-Orient, notamment en Syrie ne fait qu’accroître le nombre des réfugiés, et pourrait ainsi confronter l’Europe à une nouvelle « crise » migratoire à un moment où celle-ci est encore moins préparée qu’en 2015.

Quant au précédent gouvernement italien, pour sa part, il a conclu des accords avec des fractions de rebelles libyens coupables de trafics d’êtres humains – allant même jusqu’à envoyer des forces de l’ordre italienne sur place pour les former –, et ce afin d’empêcher les migrants de passer la frontière. Un accord infâme, que le Parti Démocrate de Renzi, a ouvertement défendu.

Toutefois, la question n’est pas de savoir combien de temps « tiendra » ce Gouvernement. Il est déjà en mesure de promulguer des lois réactionnaires et racistes avec l’aval de l’autre membre de cette coalition, le mouvement Cinq Étoiles. Il est crucial de dénoncer et de lutter contre ces politiques racistes et ultra-réactionnaires, qui transforment les victimes de guerres impérialistes, obligés de fuir leur pays, en coupables.

Aujourd’hui partout en Europe les migrants sont transformés en une population d’indésirables, concentrés dans des camps, traqués, pourchassé, arrêtés, gazés. Obligés de fuir des conditions de vie atroce, souvent une question de vie ou de mort, ces derniers, lorsqu’ils ne meurent pas aux portes de l’Europe, se heurtent à des politiques bourgeoises réactionnaires qui les laissent mourir dans l’indifférence générale.




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