Notre classe

Blackout pour Canal

Itélé. La grève dure

Publié le 3 novembre 2016

Cela fait maintenant trois semaines que la deuxième chaîne d’information de la TNT, Itélé, appartenant au groupe Canal, est en grève. En cause, principalement, l’ingérence beaucoup trop importante pour les journalistes, du nouvel actionnaire, Vincent Bolloré, qui a racheté le groupe il y a moins d’un an et a voulu en faire une part intégrante de Vivendi. L’étincelle de la lutte a été l’annonce de Jean-Marc Morandini à l’antenne, alors que celui ci est accusé de corruption de mineurs aggravée.

Charles Tired

La grève a été reconduite ce jeudi, jusqu’à vendredi midi, à 95% des votants (87 pour, 6 contre, 18 abstentions ; contrairement au calcul de tous les médias, les règles de vote communément admises donnent les voix de ceux qui s’abstiennent au camp gagnant le vote). C’est donc le 19ème jour de grève dans l’une des quatre chaines d’information en continue du PAF. Alors que la chaine diffusait durant le mouvement seulement d’anciens reportages et quelques émissions, les grévistes ont tout de même souhaité que la chaine puisse diffuser le débat (si s’en est un…) des candidats républicains, comme le fait par ailleurs BFM TV.

La reconduction intervient dans un contexte de plus en plus tendu, où, malgré les caisses de grèves soutenues par de plus en plus de journalistes et de personnalités, certains commencent à quitter la chaine vers des carrières plus prometteuses, comme Amandine Bégot ou Olivier Ravanello, qui ont tout deux quittés la boite.

Cependant, le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel a hier changé la donne, en émettant deux mises en demeures, une vis à vis des « manquements aux exigences d’honnêteté et de rigueur dans la présentation et le traitement de l’information dans l’émission Morandini Live », l’autre portant sur « l’absence de fonctionnement effectif depuis septembre 2015 du comité d’éthique prévu dans la convention de la chaine ». Ces deux mises en demeures affaiblissent considérablement Bolloré dans le rapport de force en place avec les salariés grévistes. Cette grève, inédite dans le paysage des radios et télévision privées depuis de nombreuses décennies, doit servir d’exemple, alors que la majorité de ces mêmes chaines est contrôlée ou bien par l’Etat ou par les dix premiers milliardaires français.